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LA CRISE: UNE CHANCE POUR LA FOI?

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 28/10/2012 21:17:59    Sujet du message: LA CRISE: UNE CHANCE POUR LA FOI? Répondre en citant

L'Église traverse une grave crise dans plusieurs pays d'Occident. Cette crise permet à plusieurs personnes de réfléchir sur ses conséquences. D'autres pensent qu'une telle traversée du désert est bénéfique pour les chrétiens à condition d'en comprendre les enjeux. La crise est une chance pour la foi, selon Jean-Louis Souletie, professeur à l'Institut catholique de Paris et prêtre de la Congrégation des frères missionnaires de Sainte Thérèse.

Des signes visibles nous démontrent l'ampleur de la crise: baisse des vocations sacerdotales et de la fréquentation de l'église.

Or, la théologie ne perçoit pas la crise comme étant une catastrophe mais plutôt comme une transformation. La crise comporte des soubresauts et elle est souvent complexe à gérer. Il n'en demeure pas moins que ce processus de transformation ressemble à la chenille qui accepte de muer vers l'état de papillon. Cette crise peut servir d'amorce à un renouvellement de la manière de vivre la foi.

L'Église ne traverse pas la première crise de son histoire. Il y a eu dès les premiers siècles d'importantes mutations qui ont été vécues. L'arianisme a été une crise considérable. L'Église était devenue hérétique presque aux trois quarts. Une lecture des écrits de St-Augustin au Ve siècle nous permet de constater qu'il y avait à cette époque une crise des vocations. St-Augustin déplorait un grave manque de prêtres.

La Réforme au 16e siècle a été aussi une grande crise. La crise industrielle a provoqué au XIXe siècle une autre période instable dans l'Église. Les deux grandes guerres du XXe siècle ont causé bien des remous. L'histoire nous montre que presque toutes les époques ont connu des crises de civilisation.

La crise que nous vivons remonte donc à une époque où l'individu est devenu roi. Nous avons assisté à la montée de la place de la personne dans la société. Ce ne sont plus les collectivités qui sont premières. D'un autre côté, nous observons que le pluralisme des valeurs, des idées et des religions s'exprime partout. De plus en plus de personnes veulent croire sans l'Église. Des enquêtes menées en Europe démontrent que les jeunes de 15 à 18 ans pensent qu'il n'y a pas de religion plus vraie qu'une autre. Les jeunes affirment aussi qu'ils peuvent croire ce qu'ils veulent puisque toutes les idées et les opinions sont devenues relatives. Nos contemporains ne se questionnent plus sur la valeur de telle ou telle religion mais sur ce que la religion permet de faire, ce qu'elle permet de vivre. C'est là que réside un réel défi pour l'Église.

Le défi pour l'Église n'est pas tant de voir ce que les gens croient mais de savoir ce que la foi permet de vivre. De ce point de vue, toutes les religions sont au même niveau. Par exemple, le judaïsme comme le christianisme doivent nous montrer quelle société ils permettent de construire. Les religions doivent montrer quel niveau d'humanisation elles proposent. Les gens ne les regardent pas seulement comme des doctrines mais plutôt au niveau de leurs actions. Ils veulent voir comment ces doctrines peuvent permettre d'inventer la vie.

Les Évangiles nous montrent que Jésus provoque des états de crise chez ses interlocuteurs. Il les pousse à étaler leur vérité et à montrer ce en quoi ils croient réellement. Jésus rencontre les pharisiens à quelques reprises et il ne leur dit pas qu'ils sont de mauvais croyants. Il leur demande cependant d'aller au bout de leur foi. Il leur dit:"Vous vous dites les enfants d'Abraham. Reconnaissez que je suis le Messie qu'annonçait Abraham".

Jésus a rencontré Zachée, la Samaritaine et Nicodème. Il a provoqué chez ces personnes une crise et elles ont été amenées à le reconnaître. Le mot crise en grec veut dire "discernement". Jésus propose à ses interlocuteurs de dépasser leurs habitudes, leurs peurs et leurs péchés. Il les pousse à rencontrer la vérité. Jésus amène les gens à vivre une crise car Il croit que des changements sont possibles.

La lecture du livre des Actes des Apôtres et des lettres de saint Paul nous permet de constater que l'Église a dû affronter dès les premiers siècles des situations difficiles. On s'est posé rapidement la question suivante: comment intégrer des païens dans les nouvelles communautés chrétiennes issues du judaïsme? Ce conflit a opposé les apôtres Pierre et Paul.

La crise actuelle de l'Église ne vient ni des difficultés qu'elle aurait à s'adapter aux mentalités modernes, ni de l'hostilité du monde moderne à son égard, mais de son incapacité à devenir conforme au Christ. C'est cette incapacité qui a provoqué l'alternative dangereuse: "Jésus, oui, l'Église non"... Notre défi est de reconnaître que Dieu parle à nous tous. Il faut comprendre son intervention dans l'histoire.

La crise que nous traversons devrait nous éveiller pour nous permettre de mieux saisir ce qui se passe autour de nous. Il faut le dire, la crise devrait nous rendre plus vigilants pour déchiffrer la Parole de Dieu. Une crise, selon l'Évangile, est un appel au discernement. Nous devons découvrir la manière employée par Dieu pour nous parler aujourd'hui. Il parle à des gens et en des lieux nouveaux que nous avons de la difficulté à reconnaître et à identifier. Dieu n'a jamais cessé d'interpeller les hommes et les femmes par des chemins mystérieux. Nous devons nous mettre à l'écoute de ce que Dieu dit. Cela requiert une écoute intelligente.

Il y a en effet de signes que nous devons reconnaître. Les temps de crise sont des moments propices pour tenter de nouvelles expériences dans des laboratoires souterrains. Il est certain que cela est en train de se passer dans la réalité géopolitique actuelle. C'est là que s'exprime une nouvelle créativité. Le catéchuménat des adultes qui demandent le baptême est certainement un de ces signes. De même les Journées Mondiales de la Jeunesse qui ont rassemblé des millions de jeunes. Un grand nombre de ceux-ci ne fréquentent pourtant pas nos églises le dimanche. La jeunesse du monde a répondu à l'appel de Jean-Paul II qui les a lancées au début. Les grandes rencontres de Taizé sont dans la même ligne parce que dans ce cas c'est l'oecuménisme qui est au service de la réconciliation. Notre défi est de décoder ce qui est en train de se passer de façon souterraine.

Nous devons accepter de vivre dans une Église qui se perçoit maintenant comme minoritaire alors que ce n'était pas le cas il y a à peine 50 ans. Ce n'est pas parce qu'il y a moins de monde dans les églises qu'il faut croire que Jésus-Christ est moins présent. Ce serait blasphématoire que de penser cela. Nous devons discerner sa présence dans le monde.

(Jean-Louis Souletie: Revue "Notre-Dame du Cap", Québec, sept. 2006, p. 10-12).
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MessagePosté le: 28/10/2012 21:17:59    Sujet du message: Publicité

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