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UNE LONGUE HISTOIRE.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 02/12/2012 21:07:06    Sujet du message: UNE LONGUE HISTOIRE. Répondre en citant

C'était bien l'Histoire des hommes avec ses instants de bonheur et de ferveur, ses brutalités, ses mesquineries, la souffrance, l'amour, la mort. Dieu était mêlé aux combats et aux ruses. Il ordonnait parfois d'exterminer la population de toute une ville! Il avait des visages variés: jalousie, justice, tendresse, colère, caprice, on trouvait de tout en Lui. N'était-il pas "humain, trop humain"? Était-il vraiment cet être versatile, ou des hommes lui avaient-ils donné ces traits? J'osais à peine me poser ces questions abruptes et je continuais à accompagner les tribus, à chercher des pâturages, à dresser ici ou là un autel. J'aimais retrouver souvent le ciel d'Orient ensemensé d'étoiles sans nombre... Celui que regardait Abraham vers le 28e siècle avant notre ère.

Moïse:

En cours de route, que d'aridités: des généalogies, des ensembles législatifs dont je ne voyais alors guère l'intérêt historique, des prescriptions rituelles étranges. Heureusement, il y avait eu l'histoire de Moïse, l'affrontement du Pharaon, la traversée de la Mer Rouge, l'aventure du désert... et, de nouveau, des rencontres éblouies: le buisson ardent, le Sinaï. Enfin, après quelques empoignades avec des petits peuples aux noms bizarres, on était arrivé en vue de la Terre promise: le dernier regard de Moïse. Avec le Deutéronome, le recueil des cinq premiers livres s'achevait.

La conquête:

Puis, la conquête, les risques de perdre la foi des pères en se mêlant aux populations étrangèrres, les conséquences imprévisibles de la sédentarisation. On était douze tribus, on prenait des décisions "politiques" et, quand le danger menaçait, Dieu, disait-on, suscitait un guide aux capacités exceptionnelles: Samson, par exemple. Face à la menace des Philistins - on avait voulu se donner l'organisation des autres peuples: un roi et toute la structure administrative, technique et militaire qui va avec. Cela, malgré la résistance de certains porte-parole de Dieu qu'on appelait les prophètes. Eux disaient qu'Israël n'avait pour roi que Dieu! Il y a 3000 ans, Saül, David, Salomon...

Il neigeait à la fenêtre. Personne dans la cour de la citadelle. Le désert des Tartares. Mais pour moi, le temps n'était pas arrêté.

Les rois:

La marche s'accélérait au long des Livres historiques qui racontent les péripéties de l'Alliance entre Dieu et Israël. Les rois apparaissaient et disparaissaient en quelques lignes; juste le temps de "faire ce qui est mal aux yeux de l'Éternel" et on les "couchait avec leurs pères".

L'Exil:

Enfin, les horreurs finales avec les Asssyriens et les Babyloniens: la chute de Jérusalem, le pillage, la déportation. En 586 avant J.-C.. C'était l'occasion d'une intense réflexion sur le passé. On rassemblait les textes et traditions. Puis on revenait, après 50 ans d'Exil, on reprenait le culte du Temple, Esdras et Néhémie reconstruisaient la Nation. Les aventures de Tobie, Judith et Esther nous édifiaient, et il fallait subir le joug étranger: les Perses, les Grecs, les Romains.

Une permission de 48 heures, un dimanche à la maison, le train qui remontait la vallée de l'Ariège à la recherche du coeur des montagnes, et je retrouvais ma Bible.

Les livres poétiques et de sagesse:

J'entrais dans les Livres poétiques et de sagesse. Ce titre m'enchantait. Les protestations, parfois blasphématoires, du Livre de Job me surprenaient. Mais en revanche, la prière des Psaumes m'enchantaient. Tout comme m'enchantaient les Proverbes, l'Ecclésiaste, la Sagesse où se mêlaient fines observations, conseils pratiques, coups de sonde dans la condition humaine, réalisme, pessimisme et espérance.

Au passage, une oasis d'amour printanier: le Cantique des Cantiques, où transparaît l'échange amoureux de Dieu et de son peuple. Fantastique! Était-ce possible que là, la "parole de Dieu" aille jusqu'à prendre des accents érotiques?

Les prophètes:

Maintenant, on revenait au 8e siècle avant J.-C. et on entrait dans les Livres prophétiques: Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, et les autres. De nouveau, les bruits et fureurs qui retentissaient dans les Livres historiques, mais cette fois, je voyais ces "haut-parleurs" de Dieu dire leur fait aux rois, aux prêtres, aux notables, à tout un peuple. Et écrire leurs oracles. Ils protestaient contre toutes les idolâtries, celles des faux dieux, du pouvoir, de l'argent. Ils menaçaient, ils annonçaient ruine et châtiment. Et, quand la catastrophe était là, ils ranimaient l'espérance. Les détails de la vie des pauvres, les pratiques du commerce et de l'usure, le luxe des riches, les tractations des politiques, tout intéressait ces hommes et le Dieu auquel ils prêtaient leur bouche:"Oracle de Yahvé!"

Il y avait des phrases obscures ou rebutantes, mais plus encore des fulgurances qui déchiraient toute obscurité humaine. Quels hommes! J'avais le sentiment que leurs cris contre l'injustice, leurs protestations contre les cérémonies d'un culte qui ne change rien à la vie, étaient pour aujourd'hui. Dieu, dans leurs yeux lucides, surgissait toujours de l'avenir, en pleine fermentation de vie collective... Vers le 5e siècle, ces voix s'éteignaient et un auteur biblique allait écrire:"Il n'y a plus de prophète".

Les évangiles et Jésus:

Avec eux, j'avais traversé le feu. Venait enfin la Bonne Nouvelle, tant attendue, la lumière unique des Évangiles, le regard aimant de Jésus, une ambition inouïe sur l'humanité, l'humble présence de Dieu dans la prophète crucifié qui fécondait à jamais l'Histoire.

Quand les narcisses dévalèrent sour toutes les pentes de la montagne, j'en étais aux lettres de Paul, aux échos des premières communautés chrétiennes, à l'attente brûlante de l'Apocalypse.

(Père Gérard Bessière: Revue "Fêtes et Saisons", oct. 1993, p. 7-Cool.
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MessagePosté le: 02/12/2012 21:07:06    Sujet du message: Publicité

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