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DIEU ME CONSOLE-T-IL ?

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 17/12/2012 19:50:06    Sujet du message: DIEU ME CONSOLE-T-IL ? Répondre en citant

Nous traversons tous des moments de désolation qui nous plongent dans la solitude et la tristesse. Nous aimerions tant alors une parole de consolation, mais une parole où l'amour et la vérité se rencontrent. Et si cette consolation n'appartenait qu'à Dieu?

Lorsque nous perdons un parent ou un ami cher, que nous vivons un échec sentimental ou professionnel important, que notre propre chair est atteinte, un trouble nous saisit. La vie, quotidienne et tranquille, nous paraissait évidente à vivre. Et voilà qu'elle devient obscure et confuse. Quelque chose s'est perdu. Nous le savons, elle ne reviendra pas. La confiance nous manque; elle n'irrigue plus nos relations. Les eaux souterraines et secrètes de la vie intérieure montent des profondeurs sous la forme de tempêtes. Elles renversent les digues que notre raison avait placées sur son passage. Sous leur pression, nous devenons des êtres craintifs.

Parfois, ce mouvement de l'âme, que les spirituels appellent désolation, surgit sans raison apparente. Sans que l'on sache pourquoi, l'âme est "comme attirée vers le bas".[...] À ce moment-là, nous cherchons des lumières. Nous espérons une parole et une écoute qui nous aident à nous dégager de ce trouble intérieur. Nous le sentons, la consolation vient des autres. On ne peut sortir seul de la désolation. Mais un deuil ou un échec peut conduire à l'isolement. Il y a des moments où nous nous défions des mots et de leur emprise sur nous. Cette attitude implique-t-elle que nous refusons d'être aidés? Bien souvent, elle signifie le contraire. Nous ne refusons pas la main tendue. Nous nous défions de la facilité, des paroles qui prétendent expliquer et consoler à bon prix. Nous sentons bien, dans ce cas, que celui qui les prononce s'inquiète de la vérité. Il a peur; il s'empêtre. C'est ce trouble qu'il communique. Il y a des paroles pieuses qui ne consolent pas; elles blessent parfois davantage. En fait, nous attendons tout autre chose. Nous espérons bien une parole, mais une parole où "l'amour et la vérité se rencontrent; où la justice et la paix s'embrassent", comme le dit le psalmiste.

Cette exigence d'une consolation vraie me paraît être une des sources de l'athéisme moderne. Si un grand nombre de nos contemporains doutent qu'il y ait un répondant divin à leurs interrogations humaines, c'est qu'ils ne veulent pas de Dieu comme une réponse facile à l'angoisse d'être homme. Le chrétien entend souvent dire que c'est par facilité qu'il croit en Dieu. Nous aurions peur de la vie et des épreuves qu'elle promet. Dieu serait une hypothèse consolante pour âmes chétives et peureuses. Dans une interprétation plus respectueuse de notre foi, certains disent nous envier:"J'aimerais tellement avoir la foi!" Pensent-ils que la mort, la souffrance et les échecs sont pour nous des choses légères?

Il y a effectivement des "avantages" à croire. On entre sur le chemin de la foi au nom d'une promesse de vie. Mais, croire a ses exigences. Elles pèsent parfois suffisamment pour qu'on puisse dire que ce n'est pas par facilité que nous acceptons de Dieu la consolation.La foi chrétienne nous ancre dans cette conviction qu'il est souvent plus difficile d'accueillir la consolation que la désolation.[...]

Pleurer avec Jésus est une manière d'accueillir la consolation que Dieu nous promet. Ces larmes-là ne sont pas muettes. Elles sont une réponse à un amour perçu comme immense. Elles témoignent d'une joie qui ne nie pas l'épreuve du temps, mais ne vient pas non plus s'y enclore. Avant elles, nous nous pensions seuls. Sans elles, la condition de l'homme nous paraissait faite de solitude; l'humanité nous paraissait un détail insignifianct au coeur d'un univers énigmatique et sans raison. Dans ces larmes, nous nous découvrons aimables et aimés; nous percevons qu'il existe une consolation à hauteur de désolation. [...]

(Christophe Chabin: Revue "Panorama, nov. 1998, p. 42-43).
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MessagePosté le: 17/12/2012 19:50:06    Sujet du message: Publicité

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