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LE SENS CHRÉTIEN DE LA FÊTE.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 26/01/2013 20:21:46    Sujet du message: LE SENS CHRÉTIEN DE LA FÊTE. Répondre en citant

Deux réalités habitent nos existences: la joie de vivre et le tragique de la mort. Chanter, rire et faire la fête semblent à certains une attitude bien légère. Pourtant Jésus parle très souvent du Royaume de Dieu comme d'une fête. La fête n'est pas une parenthèse mais un temps dans lequel se nouent le bonheur et la souffrance de nos vies.

Il y a toujours une raison, un motif, qui président à l'événement festif. En effet, si elle est jeu, gratuité, la fête n'est pas pour autant arbitraire, dénuée de signification.

La fête est un rassemblement motivé. Un événement familial, une commémoration historique, un succès... autant d'occasions de se réunir pour se réjouir ensemble dans un espace et un temps donnés. La fête est essentiellement communautaire: elle est ce temps et cet espace où se célèbre l'être-ensemble d'une famille, d'une communauté, d'un peuple, d'une Église. Il faut avoir quelque chose en commun pour se réjouir ensemble... La fête est à la fois aboutissement et ouverture: enracinée dans un passé partagé et orientée vers un avenir, elle est un présent intensément vécu. Rassemblement et célébration de ce qui nous donne des raisons de vivre, la fête noue symboliquement une plénitude de sens, de convivialité, de joie. Paradoxalement, parce que au coeur de la fête nous comprenons intensément que c'est la relation qui nous fait être, nous éprouvons alors plus vivement ce que sont la solitude et la tristesse.

La fête est un espace de gratuité. Faire la fête, c'est ne pas travailler; cela ne signifie pas que l'on se repose ou que l'on soit inactif... on peut être très fatigué les lendemains de fête! Cependant l'activité ludique n'a pas pour fonction première de subvenir aux nécessités de l'existence: le repas de fête est un festin dans lequel il ne s'agit pas d'abord d'assouvir sa faim mais de prendre du plaisir, de la joie à l'excellence des mets, et des mets partagés. À cet aspect ludique de la fête est liée la notion d'abondance - voire d'excès. Par cette démesure, nous nous dégageons de la simple satisfaction de nos besoins pour nous ouvrir au désir plus grand d'être simplement heureux avec celles et ceux que nous aimons...

Mais là aussi la fête a son revers: l'excès, l'abondance peuvent se retourner en gaspillage éhonté, le vin qui réjouit le coeur de l'homme peut conduire à l'ivresse la plus noire. La célébration de la gratuité peut côtoyer son contraire, l'absurde.

En rompant le rythme du quotidien, la fête subvertit l'ordre et les hiérarchies habituelles. "Au carnaval, tout est permis!" dit-on parfois. Au Moyen-Âge, lors de la fête des Fous, entre la Saint-Nicolas et l'Épiphanie, on n'hésitait pas à tout bouleverser.[...] Rupture et renversement des valeurs qui régulent ordinairement la société, la fête est contestation des pouvoirs en place. Cette subversion n'opère pas comme un mouvement révolutionnaire ( qui cherche à déstabiliser le pouvoir établi pour en substituer un autre) mais dans un cadre bien délimité pour signifier la limite et la précarité de tout pouvoir.

Cet aspect essentiel de la fête peut engendrer, comme les précédents, des effets pervers. Un tel débridement peut donner naissance à des violences et à des destructions. En conséquence, cette licence autorisée conforte l'ordonnancement habituel: la dimension subversive de la fête libère des énergies, mais en même temps elle les canalise pour mieux légitimer le pouvoir en place; ce sont, par exemple, "le pain et les jeux" de l'Empire romain ou la manipulation médiatique des événements sportifs dans nos sociétés.

C'est faire éclater le quotidien. Enracinée dans la mémoire et orientée vers l'avenir, la fête rassemble et intensifie le temps: elle est présent vécu avec une grande intensité. Présent qui est débordement, excès dont le rire est la manifestation... exaltation d'une joie trop grande pour que le coeur la contienne[...]

Des saisons et des fêtes dans l'Ancien Testament. Le temps biblique tresse de manière étroite cycle naturel des saisons et déploiement historique. La plupart des fêtes juives, d'origine agricole, prennent également un sens historique. Cet entrelacement conduit, au pas des sabbats hebdomadaires, du Sabbat initial - celui de la création - au Sabbat éternel - celui de la fin des temps. Entre le rythme hebdomadaire du sabbat et le rythme cinquentenaire du jubilé, Israël célèbre tout au long de l'année le don de la vie et celui de la libération.[...]

Les pas du sabbat, l'élan du Jubilé. Le calendrier liturgique juif parcourt le cycle des fêtes annuelles au pas du sabbat. "Dans le cycle que fait revenir le découpage des semaines et que la Thora parcourt en entier chaque année, c'est l'année liturgique qu'on parcourt à grandes enjambées, et les sabbats représentent les pas de cette marche" (Franz Rosenzweing). La mesure du temps c'est le sabbat et celui-ci célèbre Dieu créateur et sauveur, [...] Le sabbat est l'aboutissement de la création et le début du monde; c'est pourquoi il est non seulement jour de repos mais aussi jour de fête, célébration de la vie. En ce jour de repos, on ne cherche pas, contrairement aux jours de labeur, à maîtriser les éléments, mais on reçoit la vie comme un don. Le sabbat fête la création du monde.[...]

Le même dynamisme habite le Jubilé(Lv 25, 8-17). Libération et célébration du don de Dieu créateur, le jubilé et le sabbat sont des moments festifs. Ils instaurent un temps qui échappe au quotidien, ouvrent un nouvel ordre des choses au sein de la communauté et orientent vers la fête éternelle, c'est-à-dire vers les temps messianiques. La prescription du sabbat et celle du jubilé nous renvoient au sens même de la création et à son avenir ultime: la fin des temps.

Le dimanche, c'est la fête qui oriente le quotidien. Les communautés chrétiennes, transformant le sabbat en dimanche, retrouvent ce dynamisme d'un jour qui éclaire tous les autres. Par la célébration dominicale, le premier jour de la semaine est mémoire active de la Résurrection du Seigneur. De l'Eucharistie rayonne, comme d'un foyer, le sens de ce qui est vécu le plus quotidiennement et l'orientation de la création tout entière. Le déroulement de la messe traduit et noue la signification de l'existence autour de la résurrection du Crucifié - événement central de l'histoire.[...]

(Revue "Fêtes et Saisons", nov. 2000, p. 12-17).
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MessagePosté le: 26/01/2013 20:21:46    Sujet du message: Publicité

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