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COMMENT L'ANCIEN TESTAMENT PARLE-T-IL DES VILLES?

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 27/01/2013 20:57:02    Sujet du message: COMMENT L'ANCIEN TESTAMENT PARLE-T-IL DES VILLES? Répondre en citant

Alors que les grandes mythologies antiques placent l'origine des peuples dans la fondation d'une ville, Israël se présente comme un clan en migration. Pendant des siècles, les seules villes du peuple hébreu furent des maisons de toile habitées par des bédouins. Ce n'est qu'avec David qu'il attachera son histoire à une ville conquise, Jérusalem.

Le peuple d'Israël est un peuple singulier. Il n'a pas attribué son origine à la fondation d'une ville comme c'est l'usage dans l'histoire et la mythologie gréco-romaines. Nos souvenirs scolaires nous rappellent peut-être Romulus et Remus. On les voit creuser un sillon qui marque la première enceinte de Rome. Cette ville nouvelle, fondée là où il n'y avait rien encore, deviendra un jour la Ville par excellence que les Romains appelaient Urbs. Nous connaissons ce mot par la bénédiction papale Urbi (ville de Rome) et Orbi (le monde). Nous connaissons aussi un grand conquérant comme Alexandre donnant naissance à une ville qui s'appellera Alexandrie.

Israël, un peuple sans ville? Israël, en revanche, lorsqu'il est appelé à décliner son identité, se présente comme un peuple en migration. Ce peuple, non seulement est nomade, mais il cherche son chemin par d'incessants déplacements. Tantôt en fonction des pâturages à trouver, tantôt pour suivre les appels de Dieu.

Un regard plus large montre que la ville échappe à l'expérience dans laquelle se reconnaît Israël. Dans la Genèse (Gen 1-11), le livre des origines, la ville est à situer du côté négatif. C'est un fils de Caïn, Hénok, qui devient constructeur de ville et donne à sa ville son propre nom (Hénok) comme pour s'y identifier (Gn 4, 17). Un peu plus tard, ce sont les hommes tous ensemble qui s'unissent pour "bâtir une ville et une tour dont le sommet touche le ciel"(Gn 11, 4). Leur projet est encore plus audacieux: se faire un nom, c'est-à-dire par une ville, prendre la place de Celui qui est le Nom, Dieu lui-même. Babel est la ville où Dieu n'a pas de nom. Si elle avait été achevée, elle aurait été le centre ou le modèle du monde. La ville est donc en concurrence directe avec Dieu. Abraham quitte un habitat sédentaire, une ville connue de la Mésopotamie, la ville d'Ur ou Harran en Chaldée (Gn 12) pour descendre dans des régions de pâturage et de troupeaux. Quand il faut se résoudre à une séparation d'avec son neveu Loth (Gn 13), le choix est à faire entre le "pays" où ils sont établis mais qui ne les nourrit plus et les "villes" de la plaine du Jourdain bien irriguée (Sodome et Gomorrhe). Loth choisit les villes et se rapproche du danger: Sodome est peuplée de scélérats sans foi ni loi, ni respect de l'hospitalité et de l'humanité.

Le peuple d'Israël rencontrera sans cesse dans son histoire des peuples dont la puissance se manifestera dans des villes gigantesques à ses yeux: les grandes villes du delta du Nil: Pitom et Ramsès (Ex 1,11).; les capitales successives de la Mésopotamie: Assur, Ninive ou Babylone, les ports actifs de la côte phénicienne: Tyr ou Sidon. Chacune de ces villes est une menace et un défi. Face à leur richesse et à leur volonté de puissance, Israël reste le petit peuple sans grandes villes. Il faut dire qu'il n'est implanté ni sur une côte commerçante laissée au Phéniciens et aux Philistins, ni sur un grand fleuve nourricier comme le Nil ou l'Euphrate.

On pourrait dire aussi que les 40 ans d'errance au désert ont été un excellent moyen de former Israël à la Loi de Dieu, loin des villes trop souvent marquées par l'idolâtrie et l'injustice.

Les récits de la conquête de la terre de Canaan, difficiles à interpréter sur le plan historique, maintiennent une double attitude. Israël est parfois présenté comme détruisant les villes qu'il rencontre sur son passage: Jéricho par exemple dont tous les habitants, hommes et animaux, dont dits avoir été passés "au tranchant de l'épée" (Jos 6, 20-21).Ces cités font donc peur pour être vouées à un anathème aussi radical.

A contrario, Israël doit reconnaître que les villes qu'il habite ne sont pas les siennes et qu'il a trouvé en arrivant un "pays de villes grandes et bonnes que tu n'as pas bâties" (Dt 6, 10). Il ne peut donc en tirer d'orgueil et en faire la base de sa puissance.

Cela nous laisse entendre qu'Israël s'est inséré dans un système urbain du pays conquis, profitant ainsi de ses places fortes, et de ses richesses économiques.

La seule fondation connue est celle de Samarie, seconde capitale du Royaume du Nord (1 R 16, 24). Le roi Omri (885-874 av, J.-C.) établit sa capitale en pleine montagne et lui donne le nom de Samarie. Il a ainsi une capitale, en principe bien protégée et située au centre de son royaume.

Ce n'est cependant pas dans cette capitale que s'écrira l'histoire de l'Alliance mais à Jérusalem, citée cananéenne pré-existante à David, qui la conquit par la ruse (2 S 5, 6-10), agrandie et embellie par la munificence de Salomon. Pour autant, cette ville ne recevra pas de nom nouveau et ne sera jamais une "capitale du monde". Elle sera la ville d'un Temple pour le Dieu d'Israël, vivant au rythme de ses fêtes liturgiques et de l'accueil des pèlerins.[...]

Jérusalem sera toujours menacée, souvent détruite, mais toujours restaurée. Et les prophètes réaffirmeront tous que ni elle, ni la dynastie de David ne peuvent disparaître. Israël, en devenant un royaume comme les autres, n'a pu échapper à la nécessité de disposer d'une ville capitale qui centralise les pouvoirs politiques et religieux du roi, des scribes et des prêtres. Or, le roi n'est pas toujours fidèle à Dieu. Il impose au pays l'injustice et la force, il laisse se développer ce que l'on appelle en termes contemporains, l'écart social, un écart grandissant entre riches et pauvres.

La ville, en effet, suscite les différences, exalte la richesse et permet la misère. Il peut y avoir une vraie nostalgie du désert pour celui qui habite les villes. C'est pour cela que le prophète Osée reconduit au désert la femme infidèle (Os 2) et qu'il y retrouve la femme du temps de sa jeunesse, le peuple neuf sorti d'Égypte quittant les villes de servitude du Pharaon et ignorant encore les villes corruptrices de Canaan. Mais ce peuple peut-il encore exister ailleurs que dans la nostalgie de l'Exode?

Au fond, la ville peut-elle être sauvée ou n'est-elle pas une sorte de mal nécessaire, d'obstacle permanent à l'accomplissement de la volonté de Dieu? La ville, ce sont les autres, mais comment échapper aux autres, comment vivre sans l'altérité? Là est le drame biblique de la ville.

(Revue "Fêtes et Saisons", mai 2000, p. 10-12).
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MessagePosté le: 27/01/2013 20:57:02    Sujet du message: Publicité

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