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LES SOUCIS DES PREMIÈRES COMMUNAUTÉS CHRÉTIENNES.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 30/01/2013 20:47:28    Sujet du message: LES SOUCIS DES PREMIÈRES COMMUNAUTÉS CHRÉTIENNES. Répondre en citant

Les évangélistes entendent témoigner de la Bonne Nouvelle à l'intention de communautés précises. Dans la manière dont ils parlent de Jésus, choisissent et mettent en forme les documents, on devine leur souci de répondre aux besoins des communautés et de leur donner des points de repère pour surmonter les difficultés nouvelles. On entend dans les textes évangéliques palpiter le coeur des communautés chrétiennes naissantes.

La vie des communautés:

Après la mort de Jésus en croix, les disciples qui l'ont accompagné croient bien que leur belle aventure se termine sur un échec. Par peur, ils se terrent. Les expériences de Pâques les surprennent totalement. L'Esprit les fait sortir de leur trou. Ils comprennent que l'échec est en réalité victoire, que Jésus est maintenant vivant près de Dieu, qu'il est fait Seigneur, et qu'Il est désormais infiniment plus proche d'eux qu'avant Pâques. Ils espèrent que Jésus va manifester bientôt sa gloire et les introduire dans le Royaume de Dieu.

Ils essaient de vivre passionnément cette attente. Autour des Onze ils forment une communauté de partage et de prière. La venue de Jésus en gloire se fait attendre. Les difficultés commencent à poindre et l'épisode d'Ananie et de Saphyre en est le triste rappel (Ac 5, 1-10). Il faut organiser la communauté, se défendre face à l'hostilité des adversaires de Jésus. Ils découvrent qu'ils ne peuvent taire la Bonne Nouvelle et se mettent à la proclamer. Ils vont au Temple prier et n'ont plus peur. Que peut-il leur arriver puisque ce monde vit ses derniers jours? La persécution les frappe; certains décident de s'expatrier et essaiment ailleurs de nouvelles communautés chrétiennes. Des sympathisants frappent à leur porte. On leur fait connaître l'Évangile de Jésus. Les communautés grandissent. Pendant tout ce temps les évangiles progressivement se forment; ils portent les traces des besoins et des problèmes qui ont surgi dans ces communautés.

L'ouverture aux païens:

Une des crises majeures qui ont ébranlé les communautés primitives a été provoquée par la question de l'ouverture de l'Évangile aux païens. On se rappelait la parole de Jésus:"Je ne suis venu que pour les brebis perdues de la maison d'Israël". Il ne pouvait en être autrement puisque les promesses de Dieu ont été destinées à un seul peuple, les fils d'Israël. Et Dieu ne peut être que fidèle. Devait-on accepter les païens dans les communautés chrétiennes? Non, répondaient les uns. Oui, affirmaient les autres, à la condition qu'ils se soumettent à toutes les obligations de la Loi de Moïse. Oui, et sans condition, répliquaient ceux qui se basaient sur l'attitude de Jésus qui avait accueilli les pécheurs et côtoyé les rejetés. Un long temps, avec des avancées et des reculs, fut nécessaire pour résoudre ce problème. Des pages d'Évangile ont été écrites ou réécrites pour ancrer les lecteurs dans la conviction que l'Évangile de Jésus est pour tous. Ce n'est pas par hasard si, dans Matthieu, les premiers à se prosterner devant l'enfant roi sont des étrangers, qui ont pourtant dû s'arrêter à Jérusalem pour apprendre des Écritures le lieu où devait naître le Messie. L'évangile de Luc est particulièrement sensible à l'universalité du salut: l'enfant prodigue, type même du païen, est reçu à bras ouvert par son père. [...] La leçon est claire.

Le retard de la Parousie:

Autre grand problème auquel les communautés seront affrontées et qui résonne dans de multiples passages des évangiles: le "retard de la Parousie", c'est-à-dire le fait que la venue du Christ en gloire se fait attendre. Lorsqu'il écrit sa première lettre aux Thessaloniciens, Paul pense que bientôt le Ressuscité va venir chercher les chrétiens. Mais rien ne vient! L'attente s'émousse, la déception et la fatigue s'installent. Certains s'interrogent. N'ont-ils pas été trompés? Ont-ils bien fait d'abandonner leur foi juive pour devenir chrétiens? Il faut redonner l'espérance aux communautés et les appeler à la vigilance: le Seigneur viendra, mais les temps et les moments en sont fixés par Dieu. L'essentiel est de faire advenir le Règne de Dieu dans notre monde par la pratique de l'amour des frères. Les conseils de Jésus sur le thème de la vigilance prennent un relief nouveau (Marc 13, 33-37). Les discours d'adieu de Jésus dans l'évangile de Jean entrent dans cette même perspective.

La défense face aux adversaires:

Les premiers chrétiens se sont affrontés très tôt à la Synagogue qui voyaiet d'un mauvais oeil des fils partir dans ce qu'elle pouvait considérer comme une secte. Aux juifs, les évangiles présentent un maximum d'arguments pour rappeler que Jésus est l'accomplissement de ce qui est annoncé dans les Écritures. Aux chrétiens d'origine juive, ils rappellent que suivre Jésus est la preuve de la fidélité aux traditions bibliques. Aux chrétiens d'origine païenne, il fait comprendre que Jésus, détaché de son peuple, reste incompréhensible. Cette préoccupation traverse tous les évangiles et plus particulièrement celui de Matthieu, où aucune occasion n'est manquée de rappeler clairement ou de suggérer que Jésus accomplit les Écritures.

Les paroles dures de Jésus, dans les évangiles, à l'égard des pharisiens, rappellent les affrontements de Jésus avec les pharisiens, mais elles sont tout autant l'écho des conflits des jeunes communautés chrétiennes avec la Synagogue. Lorsque Matthieu note que Jésus enseignait dans "leurs synagogues", la rupture est consommée entre chrétiens et juifs.

L'annonce de l'Évangile:

Les évangiles ont été rédigés aussi pour répondre aux besoins internes des communautés. Pour faire connaître la Bonne Nouvelle, il faut la prêcher. Des disciples se consacrent à cette fonction. Ils ont besoin d'être aidés, formés. À cette intention, des canevas de prédication voient le jour, qui présentent la Bonne Nouvelle à partir de la vie de Jésus, de ses paroles et de ses gestes. Le "sermon sur la montagne" dans l'évangile de Matthieu (chapitres 5-7) pourrait bien être la reprise d'un de ces modèles de prédication destiné aux missionnaires chrétiens.

La prédication ne pouvait avoir la même tonalité selon qu'elle s'adressait à des juifs ou à des païens. Cela peut expliquer en partie les différences de coloration entre l'évangile de Luc, destiné sans doute à des chrétiens d'origine païenne, et celui de Matthieu, rédigé pour une communauté composée en majorité de chrétiens d'origine juive.

Le soutien des chrétiens:

Il ne suffit pas d'annoncer la foi; il faut ensuite former les nouveaux baptisés, leur assurer une catéchèse pour que leur conversion ne soit pas un feu de paille et qu'elle s'approfondisse dans la vie de tous les jours. Des schémas de catéchisme vont se constituer. Les évangélistes s'en inspireront ou en inséreront des éléments dans leur écrit. La série des paraboles sur le Royaume, en Matthieu 13, pourrait bien en être un exemple.

Les règles de vie communautaire:

Le bon fonctionnement d'une vie communautaire exige des règles acceptées par tous. Les premiers chrétiens s'en sont données. Quelle attitude adopter face aux plus faibles de la communauté? Jusqu'où peut aller le pardon entre frères? Ainsi le chapitre 18 de l'évangile de Matthieu a pu servir de code à l'usage de la vie interne de l'Église. Les nécessités de la vie communautaire ont à leur tour influencé certains passages des évangiles.

La liturgie:

Les chrétiens ont pris l'habitude de se retrouver le dimance pour des lectures, des prières et la fraction du pain. Des textes liturgiques prennent naissance dans les communautés priantes: hymnes, cantiques, invocations. Dans son récit de la tempête apaisée, Matthieu emprunte une de ces invocations liturgiques lorsque les disciples se mettent à genoux devant Jésus et l'implorent "Seigneur, aie pitié de nous". Dans les évangiles de l'enfance, les cantiques de Marie, de Zacharie et de Siméon reprennent des chants de communautés chrétiennes.

En fidélité à l'Esprit du Christ:

Les évangiles portent donc l'empreinte des multiples activités de l'Église et de ses soucis. Pourquoi s'en étonner? Les évangélistes n'avaient rien d'archéologues, ou de savants en chambre. Ils ne cherchaient pas à reconstituer minitieusement chaque minute du passé, mais à transmettre à des communautés, bien situées dans le temps et l'espace, la Bonne Nouvelle du Christ Ressuscité.

(Revue "Fêtes et Saisons", mai 1989, p. 16-1Cool.
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MessagePosté le: 30/01/2013 20:47:28    Sujet du message: Publicité

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