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AUX ORIGINES DE LA VOIE BOUDDHIQUE.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 12/02/2013 20:53:49    Sujet du message: AUX ORIGINES DE LA VOIE BOUDDHIQUE. Répondre en citant

Faisons un voyage dans l'espace et dans le temps: jusqu'en Inde du Nord au VIe s. avant J.-C. C'est là, en effet, qu'est né le Bouddha, c'est-à-dire l'Éveillé, celui qui, selon les bouddhistes, a résolu les énigmes de l'existence.

L'homme prisonnier du "samsara":

À cette époque, deux idées forces exerçaient une grande influence sur la pensée religieuse. Selon la première, tous les êtres vivants, y compris l'être humain, étaient prisonniers d'un cycle sans commencement ni fin de morts et de naissances ( le "samsara"). La seconde affirmait que les actes conscients et délibérés, positifs ou négatifs (un acte négatif étant essentiellement égocentrique), portaient inévitablement un fruit qui mûrirait dans une vie ultérieure. Il s'agissait de la loi karmique ( le mot "karma" veut dire l'acte et ses conséquences) à laquelle personne n'échappe.

Dans ce contexte, certains cherchaient simplement à s'assurer une renaissance heureuse grâce à des sacrifices. Pour cela, ils faisaient appel aux brahmanes, membres de la classe sacerdotale, car seuls ces brahmanes étaient habilités à célébrer les rites sacrificiels de l'ancienne religion védique.

Mais, pour d'autres, la vanité de cette démarche était évidente. Pourquoi, en effet, chercher une renaissance heureuse, si ce n'est parce que les innombrables renaissances que connaissent tous les êtres vivants se terminent toutes par la souffrance et la mort? Seule la libération définitive du cycle des morts et des naissances pouvait répondre aux véritables aspirations de l'être humain.

Mais comment se libérer? Les ascètes de l'époque espéraient déjouer la loi karmique en ne posant aucun acte négatif ( pas de karma négatifs, pas de renaissance). D'autres optaient pour des pratiques méditatives destinées à les rendre pleinement conscients du fait que la réalité intérieure de chaque homme ( "atman" -ce qui le fait exister comme individu - était identique à la réalité ultime dont toute chose procède et à quoi tout retourne ("brahman"). Il s'agissait d'un idéal très élevé exclusivement accessible à ceux qui connaissaient bien les textes sacrés - les brahmanes.

Le Bouddha, comme beaucoup de ses contemporains, partageait cette préoccupation de se libérer définitivement du samsara. Il rejetait, en revanche, l'hégémonie de la caste brahmanique - et donc l'efficacité des rites sacrificiels. Il niait en fait toute autorité religieuse fondée sur les textes sacrés ( ou révélés), comme celle dont jouissaient les brahmanes. Pour ce qui était de l'ascétisme, la position du Bouddha était très claire: quiconque s'attache à une vie d'ascèse extrême diminue sa capacité de méditer et agit de manière égocentrique, n'échappe donc pas à la prison du samsara. Le Bouddha condamnait aussi les efforts faits pour faire l'expérience de l'identité de l'atman et du brahman. Pour lui, l'atman n'était qu'une illusion. S'y attacher c'était se détourner de la seule vérité qui puisse conduire à la libération - celle qu'il avait découverte au moment de son expérience d'Éveil. Mais quel itinéraire spirituel avait-il pu aboutir à cette expérience?

La démarche spirituelle du Bouddha:

Quiconque comprend la notion de samsara, voit bien que cet itinéraire n'avait pas réellement commencé en Inde il y a 2 500 ans. Le début de la "carrière spirituelle" du Bouddha remonte à d'innombrables périodes cosmiques auparavant, au moment où il était devenu Bodchisattva (un être voué à l'Éveil suprême). Les récits de quelques-unes de ses vies antérieures sont incorporées au canon des écritures saintes bouddhiques. De toute évidence, elles ne peuvent en aucun cas faire l'objet d'études historiques, mais elles demeurent source d'inspiration pour les bouddhistes. Ils savent en effet que la vérité de ces histoires est d'ordre spirituel. Cela explique pourquoi les sutras qui parlent de la vie du Bouddha historique emploient eux aussi davantage le langage des légendes que celui des biographies. Tout est fait pour souligner une vérité spirituelle qui est au fond hors de l'histoire.[...]

Les quatre nobles vérités:

Le Bouddha est souvent comparé à un bon médecin qui, après avoir fait le bilan de l'état du malade, décrit la guérison à laquelle il espère amener son patient et prescrit un régime et des médicaments efficaces. Ces quatre étapes correspondent, en effet, au "Quatre nobles vérités" que le Bouddha a présentées au cours de son Sermon de Bénares et qui constituent le coeur de son message.

* Dans la première vérité, le Bouddha annonce que tout est souffrance, ou plutôt "dukka", terme qui a aussi le sens d'imperfection , de non-permanence et d'insubstantialité. Il constate que tout dans ce monde est éphémère. L'homme a du mal à accepter cette situation qui rend amères jusqu'aux expériences les plus agréables. Il refuse d'accepter que ses plus grands plaisirs se transforment inévitablement en expériences douloureuses. Et pourtant, tôt ou tard, il ne peut que percevoir ou bien que ces plaisirs ne sont pas éternels, ou bien qu'ils ne le satisfont pas pleinement. Tout est donc véritablement souffrance ("dukka").

* Selon la deuxième vérité, la source de cette souffrance est l'ignorance dans laquelle se trouve l'homme de sa véritable condition dans ce monde. Chacun croit qu'au fond de lui-même il existe un soi substantiel ou permanent, et il agit en conséquence. Il est incapable d'accepter, dans toute sa radicalité, les implications de la première noble vérité concernant le caractère éphémère de toute chose. Or, c'est une vérité qui touche à sa personne même. Nourri par ses passions et par sa soif d'affirmer son soi permanent (lequel n'est qu'une illusion) l'homme ne cesse de poser des actes égocentriques qui, toujours selon la loi karmique, porteront des fruits négatifs dans des vies ultérieures. L'homme alors renaîtra dans le cycle du samsara, se condamnant ainsi à une frustration incessante puisque sa soif fondamentale de permanence, c'est-à-dire d'un bonheur vraiment durable, est fondée sur les sables mouvants d'un monde illusoire et ne sera jamais apaisée.

* La troisième vérité affirme que l'homme peut supprimer cette souffrance s'il en supprime la cause, c'est-à-dire le désir passionné et l'illusion qu'il se fait sur sa condition d'homme. Libre de tout attachement, à lui-même et aux choses, il ne posera plus d'actes égocentriques et se libérera ainsi du samsara. Il atteindra ce qu'on appelle le "nirvana", ce qui veut dire l'"extinction". Ce qui est éteint n'est pas le soi permanent comme certains le pensent: cela n'aurait pas de sens car ce soi n'est de toute façon qu'une illusion. Il s'agit de l'extinction de la soif insatiable de vivre et de posséder qui domine toujours le coeur de l'homme.

* La quatrième noble vérité, enfin, décrit la voie qu'il faut suivre pour supprimer la souffrance. Cette voie consiste en trois choses: 1) la moralité qui aide à déraciner tout désir néfastes; 2) la discipline mentale qui aide l'homme à voir les choses comme elles sont, c'est-à-dire impermanentes, douloureuses et insubstantielles; 3) la sagesse qui apprend à regarder les choses telles qu'elles sont ( impermanentes et sans existence propre) et à intégrer cette réalité à sa vie. Notons que dans sa plénitude la sagesse est l'Éveil. On parle également du "Noble chemin octuple" ( "octo" signifiant huit) qui consiste en la compréhension juste et la pensée juste (la sagesse); la parole juste, l'action juste et moyen d'existence juste (la moralité) : l'effort juste, l'attention juste et la concentration juste (la discipline mentale).[...]

(Revue "Fêtes et Saisons", janv. 1997, p. 11-13).
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MessagePosté le: 12/02/2013 20:53:49    Sujet du message: Publicité

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