Beaux textes de réflexions Index du Forum Beaux textes de réflexions
Le chemin de croix.
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

AVEZ-VOUS PEUR DU DIABLE?

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Beaux textes de réflexions Index du Forum -> Forum de discussion -> Le diable.
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Byblos2
Administrateur
Administrateur


Inscrit le: 12 Avr 2006
Messages: 7 770
Localisation: Québec (Canada)

MessagePosté le: 04/03/2013 16:50:09    Sujet du message: AVEZ-VOUS PEUR DU DIABLE? Répondre en citant

On le croyait rendu à merci, inoffensif comme un épouvantail dans les champs. Voilà qu'il revient, porté par les innombrables peurs qui rôdent un peu partout. Le diable turlupine de nouveau les consciences et frappe les imaginations. Mais, tout le monde ne s'en inquiète pas de la même façon. Ceux qui le redoutent le plus ne sont pas les chrétiens, mais des personnes souvent très éloignées de l'Église.

Exorcismes, possessions, envoûtements, ce sont des mots qui font choc aujourd'hui, et ouvrent à une curiosité profonde et volontiers inquiète. Il ne suffirait pas d'en rire pour en être quitte. Chacun s'interroge et hésite à répondre: Est-il possible que des personnes soient vraiment possédées par le diable?

L'idée du diable flotte en effet, dans l'air du temps, sans que la foi en Dieu y soit nécessairement associée.

La question du mal:

L'histoire immédiate l'explique en partie. Nos sociétés occidentales sortent d'une grande période de prospérité exceptionnelle, marquée du double signe de la consommation matérielle et du progrès scientifique. La première garantissait le bonheur, tandis que le second s'affichait comme l'instance universelle qui avait réponse à tout.

Bien sûr, tout n'allait pas toujours pour le mieux. Il restait quelques ratés, des "erreurs", des "dysfonctionnements". Le mot de mal semblait même presque inconvenant. Avec une certaine candeur, on a cru que la question du mal perdait de son actualité, même de sa raison d'être.

Or, les difficultés actuelles de la société, le chômage, l'accumulation des agressions et des contraites que subissent les personnes dans leur vie quotidienne, les grands drames du monde, comme les massacres au Rwanda, et autres, font remonter à la Une la question du mal.

Une grande vulnérabilité:

De plus, le bonheur matériel et le progrès scientifique ont joué le rôle de leurre. Ils ont affaibli nos capacités de discernement, écarté l'amour de la sagesse ( c'est-à-dire la philosophie), et nous ont dissuadés de tout attendre de Dieu. Peu de travaux philosophiques ont porté sur le mal et peu de discours religieux se sont fait entendre sur le sujet. Devant le mal, nous nous comportons aujourd'hui comme si nous n'étions pas vaccinés. Nous sommes plus vulnérables que les générations précédentes.

Si nous refusons de voir le mal autour de nous, nous ne savons pas plus le voir en nous. Le voudrions-nous d'ailleurs, que nous ne le pourrions peut-être pas: dans un monde de compétition individuelle considérable, pris dans le règne du paraître, de l'image, n'est-il pas vital de cacher le mal que nous faisons?

Réapparition du diable:

Alors, faute d'une réflexion actuelle sur l'homme qui reconnaisse sa part d'ombre, la question du mal et de sa représentation, le diable, ressurgit de façon sauvage, sous la forme de besoins intenses d'exorcismes, de purifications, de gestes de salut.

Les comportements irrationnels se multiplient. Il n'est pas faux de dire que la société tout entière présente des signes de possession. Rien d'étonnant à ce que les demandes d'exorcismes se multiplient, comme autant d'appels au secours dans ce monde menaçant qui est le nôtre.

La peur de l'avenir:

La durée est aujourd'hui une notion mise à mal. On ne se projette plus dans un terme éloigné, sans doute parce que la mort est le terme ultime et redouté, mais aussi parce que la précarité grandit: où serons-nous demain, dans un monde mouvant qui contraint à une disponibilité physique et morale constante? Avec qui vivrons-nous, quand les engagements sont remis en question? Quel métier exercerons-nous, quand un travail est si vite perdu? Dans la plupart des logiques, familiales, affectives, économiques, l'immédiat l'emporte presque toujours sur le long terme.

L'image exerce elle aussi sur nous une fascination grandissante. On préfère ce qui se voit au détriment de ce qui se prévoit. La durée est de moins en moins intégrée dans nos jugements.

On mettra volontiers des liens de causalité entre des événements qui n'ont en commun que leur proximité dans l'espace ou le temps. Prenons un exemple. Un jeune homme constate que le bouquet de fleurs qu'il a placé ce matin près du portrait de son père est déjà fané. Il en déduit qu'un esprit mauvais est envoyé par l'aïeul. Que le fleuriste ait peut-être laissé trop longtemps les fleurs en chambre froide ne lui traversera pas l'esprit... Ainsi, par oubli de certaines médiations, ou en faisant se télescoper des événements de nature différente, les superstitions croissent et embellissent.

La peur de l'extérieur:

Il existe aujourd'hui une grande facilité à se démettre de son opinion propre pour s'en remettre à des leaders, des gourous, dont l'autorité n'est jamais contestée. C'est aussi signe de peur.

Ce phénomène, que les Américains appellent le "clanning" a crû de 40% aux États-Unis depuis quelques années. La dislocation des liens familiaux, les agressions trop fortes du monde poussent beaucoup de gens dans les bras de groupes où ils se sentent protégés, prêts à écouter des discours simples sur ce qu'il faut faire et ne pas faire. Peu à peu le monde se divise en ceux de l'intérieur, qui inspirent confiance, et ceux de l'extérieur, qui ne suscitent que défiance. Un clivage s'instaure entre bons et mauvais. La diabolisation n'est pas loin.

Enfin, l'éducation donnée aux nouvelles générations est souvent floue. On éduque, oui, mais à quoi? Le seul dénominateur commun est celui des connaissances. Ce n'est pas une éducation à des valeurs humaines. L'intériorité est laissée en friche. Or, quelqu'un dont l'intériorité n'est pas éduquée est crédule, naïf, vite débordé devant les assauts de sa propre violence. Des jeune lycéens "passent à l'acte" avec une violence terrible sans même comprendre ce qui leur arrive.

Trop de gens ont peur, aujourd'hui: peur de l'avenir, peur de l'autre, peur d'eux-mêmes.

Donner un visage à leur peur, trouver un responsable à ce qui les taraude devient une nécessisté, presque une thérapie. Dans ces conditions, parler du diable peut... faire du bien. Rien d'étonnant à ce que aujourd'hui, la figure du diable reprenne du service...

La question du diable se pose donc à nouveau aux chrétiens. Qui est le diable? Qu'en disent l'Écriture et l'Église? Dans les mémoires collectives, toutes sortes d'images hier terribles, aujourd'hui grotesques, traînent encore sur ce personnage haut en couleurs, mais derrière elles, n'y a-t-il pas plus important à dire? Comment répondre aux non-croyants, souvent des jeunes, qui interrogent les chrétiens sur ce sujet?

(Anne Soupa, théologienne et journaliste: Revue "Fêtes et Saisons", avril 1996, p. 4-6).
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: 04/03/2013 16:50:09    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Beaux textes de réflexions Index du Forum -> Forum de discussion -> Le diable. Toutes les heures sont au format GMT
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2017 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com