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LE MAL, UNE ÉNIGME.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 07/03/2013 15:43:53    Sujet du message: LE MAL, UNE ÉNIGME. Répondre en citant

Le mal: un seul mot pour tant de maux! Le mal est un mot fourre-tout. Nous y mettons toutes sortes de maux, qui traduisent à la fois des notions et des expériences très différentes. La figure du diable ne les recouvre pas toutes, évidemment. Aussi une mise en ordre de ce que nous entendons par mal permettra d'y voir plus clair.

À l'aide de quelques exemples, distinguons entre les maux.

Un cyclone ravage les Antilles, détruit des années de travail, emporte des vies humaines: c'est un mal, dira-t-on.

Le sida, un fléau inconnu il y a trente ans, se développe aujourd'hui de manière considérable, décime le continent le plus démuni de la planète, l'Afrique, et frappe partout dans le monde des populations jeunes, touchées dans leur capacité à entrer en relation avec d'autres. Ce qui devrait être le lieu de la vie devient un lieu de mort. Qui n'appelle pas le sida un mal?

"J'ai mal", dit le malade. Mal au ventre, mal à la tête. Le corps aussi connaît un mal, appelé maladie. Le mot alors exprime la souffrance de cette part du corps qui est touchée.

On constate que, dans ces exemples, le mal est une force aveugle, implacable et meurtrière.

Par la main de l'homme:

La qualitification la plus fréquente du mal est celle que donnent les philosophes: "le mal moral". C'est le mal causé par la main de l'homme: le crime, le vol, la calomnie... La connaissance, la prévention et la réparation de ce type de mal, pensé à l'origine des sociétés dans une sphère religieuse, ont été de plus en plus confiées à des systèmes juridiques. Ceux-ci ont établi des distinctions: y a-t-il eu ou non intention de nuire? Le préjudice est-il ou non réparable? Toutes les réponses à ces questions sont situées dans une culture et pour une époque précises. "Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà", dit Pascal.

Le christianisme ne condamne pas les classifications sociales en vigueur sur le bien et le mal. "Rendez à César ce qui est à César", dit Jésus. Mais il se situe à un autre niveau, en amont. À la suite du judaïsme, il ne fait pas de la connaissance du bien et du mal l'objet central de son message.[...]

Le mal, une réalité humaine:

Si le mal existe, si Dieu est tout puissant et bon, d'où vient le mal? Cette question est le défi le plus redoutable qu'ait jamais eu à affronter la théologie. Pour bien poser les éléments de ce défi, il faut d'abors se rappeler comment l'Écriture parle du mal.

Au début du livre de la Genèse, elle affirme que Dieu a créé toutes choses bonnes. Le serpent, que Dieu a créé, n'est pas mauvais en lui-même. Il est un signe de perturbation dans la bonté originelle du monde. Le mal vient en usurpateur, en parasite. Le mal n'est pas une divinité qui ferait concurrence à Dieu. Ce n'est pas non plus une créature de Dieu. C'est une réalité humaine, qui appartient bien au monde des hommes, une créature rampante, bien de la terre...

Plus tard, les premiers chrétiens luttèrent contre des hérésies dualistes, en particulier le manichéisme qui divisait le monde en forces du mal continuellement opposées aux force du bien. Au Moyen-Âge, l'hérésie chrétienne des Cathares reprit cette même idée: un principe du bien, lumineux et spirituel est en lutte contre Satan, d'où procèdent l'ombre et la matière.

Le pouvoir considérable du mal:

Pourtant, personne ne peut nier que les Évangiles font la part belle au mal... Ils décrivent un combat intense entre le Christ et ce qui est démoniaque. Ils donnent au mal un pouvoir considérable, celui de faire mourir Dieu lui-même sur une croix. Mais ils se terminent sur la victoire du Chrit sur les forces des ténèbres. Jésus, sans péché, innocent de tout mal n'a vaincu le mal qu'en le prenant sur lui. Sa résurrection est le signe de la défaite du mal. "Le dernier ennemi détruit, c'est la mort", dit saint Paul au Corinthiens (15, 26).

Comment, en fonction de ces éléments, penser le mal? C'est à saint Augustin que l'on doit la réflexion qui a fondé toutes les suivantes. Il s'en explique dans les "Confessions": "Je ne savais pas encore que le mal est la privation du bien" (Livre 3, chapitre 7).

Le mal est donc une absence de bien, son envers. Il n'a pas de réalité propre, pas de consistance, même s'il fait souffrir. Il ne crée rien, il ne construit rien.

L'apport de saint Augustin est important, mais il n'enlève pas au mal sa mystérieuse puissance, fichée dans le monde comme son énigme centrale...

(Anne Soupa, théologienne et journaliste: Revue "Fêtes et Saisons", avril 1996, p. 15-21).
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MessagePosté le: 07/03/2013 15:43:53    Sujet du message: Publicité

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