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LE PAPE JEAN XXIII (suite).

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 13/03/2013 15:35:43    Sujet du message: LE PAPE JEAN XXIII (suite). Répondre en citant

Surprise: Angelo Giuseppe Roncalli, entré en conclave comme patriarche de venise, en ressort Pape. ( son règne: 1958-1963). Très vite, il prend la mesure de sa charge.

Lorsque, après un long et contesté pontificat de 19 ans, Pie XII meurt le 9 octobre 1958 à Castel Gandolfo, le carcinal Roncalli, comme les cinquante autreS cardinaux, se prépare au conclave. Le 25 octobre, à 18 h 05, ils s'enferment tous au Vatican: l'élection commence. Elle dure trois jours: le 28 octobre, la fumée blanche s'élève. Presque immédiatement, le doyen des cardinaux proclame au balcon de Saint-Pierre: "Nuntio vobis gaudiun magnum. Habemus Papam. C'est l'éminentissime révérendissime cardinal Angelo Giuseppe Roncalli. Il a choisi le nom de Jean XXIII." Stupeur sur la place Saint-Pierre: pourquoi celui-là? le plus obscur des cardinaux, et, à 78 ans, l'un des plus âgés?

Que s'est-il passé? Après le long règne de Pie XII, les cardinaux, convaincus qu'il faudra bientôt procéder à une réforme de l'Église, ont décidé de s'accorder un répit et, après que les candidatures les mieux placées eurent été rejetées - trop conservateurs, trop peu pondérés, trop jeunes -, le choix se fait sur le nom du cardinal de transition. Lorsque le cardinal Tisserant, doyen du Sacré Collège s'approche de lui pour demander s'il accepte, il dit alors:"En écoutant votre voix, je tremble et j'ai peur. Ce que je sais de ma pauvreté et de ma petitesse suffit à ma confusion. Mais voyant dans le vote de mes frères, cardinaux de notre sainte Église romaine, le signe de la volonté de Dieu, j'accepte l'élection qu'ils ont faite". De ce moment-là, il devient Pape. Et lorsqu'on lui demande le nom qu'il a choisi, il ne résiste pas au plaisir d'une allusion:"Je m'appellerai Jean. Le nom m'est cher, car c'est le nom de mon père, le nom de l'humble église où j'ai été baptisé. C'est aussi le nom le plus usité dans la longue liste des souverains pontifes, il été porté par 22 d'entre eux, indiscutablement légitimes, et qui, pour la plupart ont eu un pontificat court". Rompant avec la longue succession des Pie, des Grégoire, des Benoît et des Léon, il revenait à un prénom du 14e siècle. Lorsque la foule lève les yeux, il est déjà là, souriant. La première image du nouveau pape est celle d'un visage rayonnant de tendresse et de bonté qui exprime la simplicité. Mettant fin à l'image d'un monarque théocratique, il se présente comme un frère. Et, lors de l'homélie inaugurant son pontificat, le 4 novembre, il répète, jouant sur son second prénom et faisant une allusion à la Genèse: "C'est moi Joseph, votre frère... Je suis Joseph votre frère".

Sitôt Pape, Jean XXII se lance dans une série de mesures qui furent davantage destinées à restaurer le fonctionnement normal de l'Église qu'à la réformer en profondeur. Pie XII avait en effet pratiqué un gouvernement très centralisateur et très personnel. Ayant supprimé les principales fonctions de son entourage et réduit les audiences, il gouvernait de manière autocratique, allant jusqu'à se passer de secrétaire d'État, Premier Ministre, ou plutôt étant à lui-même son propre secrétaire d'État. Il n'avait pas non plus renouvelé les cardinaux, dont le nombre était tombé très bas, au point que certains avaient sous tutelle plusieurs congrégations ( ou ministères). Jean XXIII rétablit les grades pontificaux. Afin de permettre un accès plus normal au Pape, il accroît les réunions de travail que Pie XII avait quasiment supprimées et multiplie les audiences.

En quatre ans et demi de pontificat, il reçoit davantage que Pie XII en 20 ans. Surtout, beaucoup de rencontres historiques: aucun pasteur de l'Église réformée n'avait été reçu, aucun archevêque de Cantorbéry depuis le 14e siècle, aucun dirigeant communiste. Il réserve un accueil bienveillant à tous ceux qui sollicitent une audience, quelle que soit leur croyance ou leur idéologie. Ainsi reçoit-il Alexis Adjoubeï, gendre de Nikita Khrouchtchev et rédacteur en chef des "Izvestia", juste après la libération de Mgr Slipyi, métropolite catholique de rite ukrainien, emprisonné pendant de longues années. Il conclut cette audience si controversée avec une formule d'une simplicité toute évangélique:"Et maintenant, le moment est venu, avec votre permission, d'une petite bénédiction. Une petite bénédictgion ne peut pas faire de mal après tout. Prenez-la comme on vous la donne".

Plusieurs années de suite, il réunit un consistoire pour rétablir le nombre des cardinaux - qui dépassera la limite de 70 fixée par Sixte Quint au 16e siècle - et pourvoit tous les postes de préfets, c'est-à-dire de responsables de congrégation. Enfin, il nomme un secrétaire d'État, le cardinal Tardini, un professionnel des mécanismeS curiaux. Fort de ses réformes, il peut cesser d'intervenir et laisser la Curie faire son travail. "Je m'en remets aux Congrégations", déclare-t-il souvent lorsqu'on le presse de prendre une décision qu'il n'estime pas de son ressort.

En ce qui concerne la ville de Rome, que Pie XII avait eu tendance à diriger lui-même, il laisse le cardinal-vicaire s'en occuper, se bornant à ordonner de transférer le vicariat à Saint-Jean-du-Latran, près du séminaire de la ville, afin de créer un véritable centre pastoral. De même pour l'Italie, il tient à préserver l'autonomie de la conférence épiscopale italienne.

Pour ce qui est du gouvernement général de l'Église, ses positions sont peu révolutionnaires. Il maintient en charge les anciens collaborateurs de Pie XII. Il ne revient pas sur la condamnation des prêtres-ouvriers. Face au communisme, il poursuit la doctrine du cardinal hongrois Mindszenty - le communisme ne pourra jamais être converti -, même s'il soutient aussi le cardinal Wyszynski - une adaptation de l'Église à la situation nationale est possible. Partisan d'un pragmatisme modéré, il s'entoure de gens plutôt conservateurs comme Tardini et le cardinal Ottaviani, qui dirige le Saint-Office.

Le pricipal bouleversement de son pontificat - outre l'idée du Concile - doit être cherché dans la modification radicale de l'image papale. Avec Jean XXIII, c'en est fini du souverain pontife, inaccessible et distant. Le Pape Jean se veut simple et convivial. Il abandonne les formules. On raconte qu'ayant convoqué le vieux comte Giuseppe della Torre, directeur de l'"Osservatore Romano", il lui demande de ne plus faire précéder ses déclarations des superlatifs "sublime discours", "augustes lèvres"... Devant l'effarement du vieil aristocrate, il ajoute:"En tout cas, je le préférerais", puis, se reprenant: "Nous le préférerions". Demandant à ses collaborateurs de ne plus faire les trois génuflexions à son approche, il leur dit:"Une seule suffit. Pensez-vous que je ne vous croie pas la première fois?" Enfin, refusant, contrairement à son prédécesseur Pie XII, que la coupole de Saint-Pierre soit fermée pendant ses promenades dans les jardins du Vatican, il déclare aux fonctionnaires du Vatican qui assuraient que des touristes pourraient l'apercevoir:"Eh bien! Tranquilisez-vous, je vous promets de ne rien faire qui pourrait les scandaliser!"

Un style empreint de bonté caractérise les documents écrits de cet homme bienveillant. Rompant avec l'écriture recherchée des encycliques de ses prédécesseurs, il invente une nouvelle manière qui trouve son achèvement dans les deux grandes encycliques de son pontificat, "Mater et magistra (Mère et éducatrice)" et "Pacem in terris (La Paix sur la terre)". La première, datée du 15 mai 1961, entend célébrer les 70 ans de "Rerum novarum", l'encyclique de Léon XIII fondant la doctrine sociale de l'Église. La seconde encyclique , écrite quelques semaines avant sa mort, résume son enseignement sur la paix. Jean XXII prône un organisation internationale des États qui rendrait la guerre impossible.

(Régis Burnet: Revue "Fêtes et Saisons", août 2000, p. 18-21).

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MessagePosté le: 13/03/2013 15:35:43    Sujet du message: Publicité

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