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COMMENT SE SITUER FACE AU DÉCLIN DU CATHOLICISME AU QUÉBEC?

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 13/06/2013 20:20:51    Sujet du message: COMMENT SE SITUER FACE AU DÉCLIN DU CATHOLICISME AU QUÉBEC? Répondre en citant

Le catholicisme québécois survivra-t-il à son déclin? Nous n'en avons pas fini avec la religion, semble-t-il, et le Québec entretient toujours un rapport amour/haine avec l'Église catholique.

D'un côté en effet, une vaste majorité de Québécois déclarent une appartenance au catholicisme lors des recensements (91,9% chez les francophones en 2001). De l'autre, la pratique de la messe dominicale s'effondre, passant de 80% à 18,5% entre 1965 et 1998. La chute touche toutes les générations, surtout les plus jeunes.

Annoncer la mort du catholicisme est un grand classique, dit É. Martin Meunier, "comme un mal de dents qui revient régulièrement". Le déclin du mariage religieux est certes très prononcé, avec une hausse fulgurante des unions libres, le Québec étant le champion mondial à ce chapitre. Mais le taux de baptême d'enfants issus de mères se déclarant catholiques affiche une surprenante stabilité. On l'estime à 73,5% du nombre des naissances au Québec (2001), précise M. Meunier, professeur de sociologie et d'anthropologie à l'Université d'Ottawa, co-auteur du collectif "Modernité et religion au Québec".

Le catholicisme demeure l'un des rares lieux d'appartenance où peuvent encore cohabiter plusieurs générations. Ça reste vrai pour nombre de Québécois, lors de divers rituels ( baptême et funérailles). Cette loyauté tend cependant à se dissoudre avec l'arrivée de la génération "Y", née entre 1976 et 1990, moins socialisée dans la culture catholique.

La religiosité des jeunes ne s'effrite pas totalement, poursuit M. Meunier; elle s'exprime autrement et passe de moins en moins par les Églises instituées. "C'est nettement la fin d'une époque, alors que l'on veut "revamper" la laïcité, sur fond de débat sur les accommodements raisonnables".

Six positions:

Chacun de nous se situe différemment, selon son expérience personnelle, face au déclin du catholicisme. Robert Mager, professeur de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval de Québec, a synthétisé ces diverses réactions. Elles peuvent se résumer à six principales, dit-il, et évoquent pour l'essentiel un catholicisme de repli, de résistance ou de réenchantement.

1- Sa liquidation:

On y voit une bonne nouvelle dans la mesure où la fin du catholicisme signe le passage à l'âge adulte, le monde étant affranchi de la servitude divine. Cette position amène ses partisans à se montrer très critiques envers la papauté, mettant l'accent sur la position jugée rétrograde de l'Église, notamment en matière de morale sexuelle, sur les abus de pouvoir du clergé, la pédophilie de certains prêtres et religieux, etc. Autant d'échecs et de scandales qui illustrent, selon eux, une fin de cycle.

2- Sa restauration:

La récession du catholicisme est une tragédie; on déplore sa trop grande compromission avec la modernité. Vatican II s'est trompé ou a été mal interprété. Il s'agit de ressusciter le passé, de promouvoir la religion ancienne en renouant avec le latin, en réanimant des manières de croire et de vivre négligées ou abandonnées ( la figure du prêtre, la dévotion à Marie, le culte eucharistique).

3- La position pragmatique:

Jadis, l'Église faisait ce qu'elle voulait, aujourd'hui, elle fait ce qu'elle peut; il faut gérer la décroissance, regrouper les paroisses, confier plus de responsabilités aux laïcs, faire avec ce qui reste et, au besoin, fermer des églises. C'est souvent la position de ceux qui sont aux commandes de l'Église et celle d'une majorité de pratiquants.

4- L'adaptation au monde moderne:

On souhaite ici que l'Église adopte les valeurs ambiantes, ce qui obligerait à changer sa morale sexuelle, à permettre l'ordination des femmes, à renouveler la doctrine. Que le catholicisme cesse de trancher avec son temps, que l'Église atterrisse enfin dans son époque. L'accent est mis ici sur l'adaptation, sur la conformité aux mœurs ambiantes.

5- Sa relativisation:

Ni hostilité, ni attachement, mais une relative indifférence à l'égard du catholicisme qui a un avenir s'il s'ouvre à d'autres sources. Sur le vaste marché des croyances, il est une religion parmi d'autres, qui se valent toutes. C'est le menu à la carte:"Jésus-Christ, Bouddha, Gandhi et les anges, même combat!"

6- Son renouvellement:

La foi chrétienne doit se défaire de certains traits culturels hérités du passé, pour mieux se recentrer sur l'interpellation évangélique, retrouver sa veine prophétique, Il s'agit pour l'Église d'assumer le dialogue avec les hommes et les femmes d'aujourd'hui autour des défis actuels ( économiques, écologiques, sociaux, technoscientifiques, etc) pour discerner avec eux les chemins d'une véritable humanisation. Le combat pour Dieu s'incarne aussi désormais dans une combat pour l'humanité. Robert Mager ne cache pas sa préférence pour cette position de renouvellement. La mort n'est pas la fin de tout, dit-il , puisqu'il y a le souvenir. Il s'agit donc d'inventer de nouveaux aménagements institutionnels (lieux, ministères, financement) pour soutenir, et promouvoir la mémoire de l'Évangile. "Non dans le sens de mimer le passé, mais de continuer à en faire mémoire, à s'en inspirer". L'avenir appartient alors aux lieux d'Église ( communautés, groupes, réseaux) voués à la mémoire et à la mise en oeuvre moderne de l'Évangile. Un héritage assumé, poursuit le professeur Mager, mènera à des projets élaborés avec les autres groupes de la société et fondés sur des valeurs qui nous transcendent.

Traits culturels dépassés:

Reste que la longue alliance entre la civilisation occidentale et le christianisme semble se dissoudre, foi et culture allant de moins en moins de pair. Et les abus du clergé et des communautés religieuses du temps, poursuit-il, n'expliquent pas à eux seuls la déroute du christianisme au Québec. "Ils sont plutôt les symptômes d'un système religieux mal adapté au monde moderne et en besoin de renouvellement".

Le danger, pour le catholicisme traditionnel, consiste à rester plus attaché à des formes culturelles du passé qu'à l'Évangile lui-même, insiste M. Mager. "Le problème qu'ont les Québécois ne concerne pas d'abord Dieu, le Christ et l'Évangile. Il est relié à certains traits culturels et institutionnels qu'ils jugent dépassés, voire malsains." Il mentionne le célibat des prêtres, les costumes ecclésiastiques, certains rites périmés, la fascination pour les questions sexuelles, etc.

M. Meunier, de son côté, évoque ce qu'il appelle un "concordat implicite" entre l'Église catholique et l'identité québécoise. Robert Mager précise que ce lien, ce concordat, est clairement rompu, du moins chez les ias, etc. "Les classes populaires conservent des liens plus vivants avec la tradition catholique, notamment en région. Mais plusieurs signes indiquent que là aussi, le choses se défont peu à peu".

L'Église pourrait ne devenir qu'un "joueur" dans l'univers religieux du Québec. Perdant peu à peu son caractère identitaire et culturel, le catholicisme serait la religion d'une minorité. Ce qui se profile sera alors sans doute une humanité plus libre de son destin.[...]

(Michel Dongrois: Revue "Notre-Dame du Cap", oct. 2010, p. 13-15).

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MessagePosté le: 13/06/2013 20:20:51    Sujet du message: Publicité

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