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FRÈRE ANDRÉ, AMI DES MALADES.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 15/06/2013 15:44:57    Sujet du message: FRÈRE ANDRÉ, AMI DES MALADES. Répondre en citant

"Je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ" (Col 1, 24). Ce texte de saint Paul, le Frère André aurait pu se l'appliquer. La maladie, il l'a connue toute sa vie. À sa naissance, on l'ondoie car on est persuadé qu'il ne vivra pas une journée! Ensuite, il souffrira toute sa vie de maux d'estomac qui l'handicaperont.

Les souffrances morales viendront s'y ajouter. À 11 ans, il est orphelin de père et de mère. Il doit gagner son pain car l'oncle qui l'a pris en charge ne peut le nourrir à rien faire. Or, sans instruction, le jeune Alfred ne peut accomplir que des travaux manuels. Mais à chaque fois, sa mauvaise santé l'oblige à laisser son emploi. Il ira même aux États-Unis tellement il veut gagner sa vie! Mais, là aussi, sa faible constitution lui fera vivre un échec cuisant et il reviendra au Québec aussi pauvre qu'avant. Quelle humiliation pour ce jeune homme qui veut travailler mais que sa santé fragile handicape.

Toute sa vie, il ne pourra se nourrir que de bouilli, de soupe au riz, de pain trempé dans du lait. Pas d'abord par pénitence, mais parce que son estomac ne supporte que cela. Sa pénitence sera d'assumer cette réalité. Il ne peut pratiquement pas dormir la nuit, ou très mal, à cause de son estomac et des reflux gastriques. Alors, il prie.

Même son entrée en communauté se fait par la petite porte. Le brave curé André Provençal de Saint-Césaire ayant découvert qu'il était un grand priant, l'enverra chez les religieux de Sainte-Croix en se disant:" Il n'a pas de santé, pas de métier, pas d'instruction, mais il sait prier. Au moins là, il sera nourri et logé et il pourra prier tout son soûl!" La communauté n'est pas très chaude à garder une bouche inutile, même si son curé leur a dit: " Je vous envoie un saint!" Dame! La communauté est à son début et tous doivent mettre la main à la pâte! C'est la détermination et la ténacité du Frère André qui fera que, finalement, il sera accepté. Il ira même plaider sa cause à l'archevêque de Montréal qui interviendra en sa faveur.

Dieu sait que durant ses longues années de vie religieuse, le Frère André travaillera énormément et sans se plaindre! Et ce, pratiquement, jusqu'à la fin! Son état maladif ne le ralentira pas et n'entamera pas sa joie. Au service de Dieu et de ses frères, il unira ses souffrances à celles du Christ pour le salut de ces hommes et de ces femmes qui venaient se confier à lui. Il disait:" Si les gens connaissaient le prix de la souffrance, ils demanderaient à genoux à Dieu de la leur donner". Car, pour lui, toute souffrance trouvait son sens dans la Passion du Christ qu'il méditait quotidiennement.

Son expérience personnelle de la souffrance et de la maladie, loin de l'aigrir ou de le replier sur lui-même, l'a ouvert à la souffrance des autres. Il a développé une sensibilité à la souffrance et à la détresse de ses contemporains. Il comprenait ce qu'ils vivaient, l'ayant vécu et le vivant encore lui-même. Il accueillit les malades, les malheureux, les pauvres; tous ces petits, ces sans-rien qui ne trouvaient pas ailleurs de sympathie à leur cause. Il n'avait pas besoin de les chercher, ils venaient d'eux-mêmes en foule vers ce petit Frère qui leur ressemblait tant. Avec lui, ils pouvaient être eux-mêmes, parler dans leurs mots. Il les comprenait, il était des leurs.

Mais plus profondément, le Frère André allait vers les malades et les souffrants car il mettait en pratique l'enseignement du Christ. Durant son noviciat, son maître des novices, lui avait fait apprendre par coeur le sermon sur la montagne de l'Évangile selon saint Matthieu et les quatre récits de la Passion. Ce fut sa nourriture spirituelle durant toute sa vie. Ah oui, il l'a vécue vraiment cette phrase de Jésus:" Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites" (Mt 25, 40).

Et c'est Jésus-Christ souffrant que le Frère André accueille dans ces foules de personnes qui viennent tous les jours lui raconter leurs maladies et leurs malheurs. Il prie pour ces gens, il intercède pour eux auprès de Dieu. Il les réconforte et les invite à prier. On disait: " Les malades qui viennent le voir ne repartent pas tous guéris, mais tous réconfortés."

Le Frère André n'a pas été un distributeur automatique de guérison. Il n'a pas fait de magie. Il invitait à la foi, à la confiance en Dieu et à l'acceptation de sa volonté. Il commençait par dire aux malades qui venaient le voir:" Allez voir les médecins, ils ont reçu de Dieu le don de vous guérir. S'ils ne peuvent rien pour vous, revenez me voir". Et quand les malades revenaient, il leur disait: " Priez Dieu pour accepter sa volonté sur vous. S'il veut vous guérir, remerciez-le. Si telle n'est pas sa volonté, demandez-lui la force de vivre avec votre maladie". Il leur demandait également de se frotter avec de l'huile de Saint-Joseph ou une médaille du saint mais il ajoutait:" Le plus important n'est pas l'huile ou la médaille, c'est la foi que vous avez en Dieu". Parfois, certains lui disaient:" Mais, Frère André, on va avoir l'air fou!" Il répondait, avec un sourire en coin:" C'est très bon pour l'humilité!"

Le Frère André a obtenu la guérison d'enfants, de femmes et d'hommes qui avaient besoin de leur corps pour gagner leur vie et nourrir leur famille. [...] Parfois, le bon Frère exigeait du malade une démarche sacramentelle, comme cet homme qui arrive tout courbé et à qui il dit:" Va te confesser!" Devant l'insistance du Frère André, l'homme y va et il revient droit comme un i. Le Frère lui demande: " Ça fait combien de temps que tu ne t'étais pas confessé?" " 20 ans". "C'est lourd à porter!"

Pour le Frère André, le plus important était la foi en Dieu, ce qui lui faisait dire: " Beaucoup viennent me demander la guérison mais très peu la foi". Il voulait partager sa propre foi en Dieu, lui dont on disait:" Il parle de Dieu aux hommes et des hommes à Dieu". Il y avait chez lui une grande intimité avec Dieu, celle des grands saints. Il aimait répéter: " Entre Dieu et nous, il n'y a que l'épaisseur d'un voile". Il était tellement persuadé de la bonté de Dieu qu'il osait lui faire toutes les demandes par l'intermédiaire de Saint Joseph en qui il avait une confiance indéfectible.

Mais comment se fait-il que Dieu ait choisi ce petit Frère de rien pour accomplir son oeuvre ? Il y avait, dans la communauté, des religieux plus instruits, alors pourquoi lui? Oui, le Frère André est choisi par Dieu parce qu'il est un de ces petits et il va saisir, mieux que des savants combien Dieu est bon et près de nous.[...]

(Patrick Celier, c.s.c.: Revue "L'Oratoire", Québec, Canada, mai-juin 2009, p. 8-11).
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MessagePosté le: 15/06/2013 15:44:57    Sujet du message: Publicité

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