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DÉMOGRAPHIE ET VIE DES ÉGLISES AU CANADA.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 05/08/2013 19:50:13    Sujet du message: DÉMOGRAPHIE ET VIE DES ÉGLISES AU CANADA. Répondre en citant

La composition religieuse changeante du Canada est un facteur démographique qui contribue à la souplesse d'adaptation de la chrétienté. La religion chrétienne demeure la plus grande religion dans le pays avec 77% de la population ( en 2010) bien qu'elle ait connue un petit déclin de 3% entre 1991 et 2001. Ce résultat provient surtout du déclin dans les grandes Églises protestantes; par ailleurs, les Églises chrétiennes ont augmenté de façon rapide, 129% entre 1991 et 2001.

Dans la même période, les religions montantes au Canada étaient l'Islam (+ 129%), l'hindouisme (+89%) et le bouddhisme (+84%). Même le judaïsme a augmenté de 4% dans cette période. Donc, parmi les grandes religions du monde, seul le christianisme est en déclin au Canada. Encore plus révélateur, est le fait que l'âge moyen de la population des trois religions qui augmentent le plus rapidement, soit l'Islam, le sikhisme et le bouddhisme, est respectivement de 28 ans, 29 ans et 31 ans; c'est dire qu'il y a de la relève dans ces groupes religieux.

D'autre part, il est évident que les changements démographiques ont aussi contribué à donner au Canada une identité plus souple. Jusqu'à la fin du 18e siècle, nous étions encore une petite colonie d'immigrants de France, des Iles Britanniques et de l'Europe du Nord et de l'Ouest. Historiquement, du début de la Confédération canadienne en 1867 jusqu'à la période après la Deuxième Guerre Mondiale, l'immigration des pays de l'Europe de l'Est et du Sud était encouragée afin de pourvoir aux besoins d'un pays en pleine expansion. L'immigration ukrainienne, polonaise, italienne et portugaise, pour nommer quatre groupes imposants, a changé le visage de la société canadienne. Ce n'est que dans les années 1960 que les barrières à l'immigration non-européenne furent enlevées et que les immigrants des anciennes colonies britanniques et françaises sont venus en masse s'établir au Canada.

Le gouvernement fédéral avait déjà adopté, en 1972, une politique qui reconnaissait la diversité des cultures dans un cadre bilingue - français et anglais . Par la suite, en 1985, le Parlement adoptait une Loi sur la diversité culturelle dont le but était de "préserver, intégrer et partager" la diversité culturelle et raciale dont est constitué le patrimoine canadien. Selon la Loi, la diversité pourrait créer "la compréhension et la créativité" pour le bienfait de la société.

La Loi fédérale n'exclut personne et s'applique d'une façon égale à toutes et à tous; celle-ci affirme que chacun a droit à la liberté de conscience, de religion, de pensée, de croyance, d'opinion, d'expression, de réunion pacifique et d'association; enfin la loi garantit également ce droit et ces libertés aux hommes et aux femmes.

Cette diversité est reconnue comme un "trait distinctif" de notre identité nationale et relève à la fois de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Nous sommes un pays d'immigrants. À l'exception des peuples autochtones, aucun groupe culturel ou linguistique ne peut réclamer le pays comme le sien; tous, y compris nos ancêtres, sont venus d'ailleurs. Il n'y a aucune culture, aucune langue, ni ethnie ou religion qui unit le pays dans sa totalité. C'est peut-être une des raisons pour laquelle la façon canadienne de gérer la diversité diffère des pays européens. Cependant, "différent" ne veut pas nécessairement dire "mieux"; la loi sur le multiculturalisme contient d'ailleurs un aspect qui assure l'hégémonie de la culture anglaise et à un moindre degré, celle de la culture française. Il y a aussi une autre préoccupation, c'est que les Canadiens s'imaginent qu'avec la Loi sur le multiculturalisme, les problèmes de racisme et de discrimination sont moins répandus ici qu'ailleurs.

Aujourd'hui, l'internationalité de la société canadienne est surtout visible dans les centres urbains comme les villes de Toronto, Vancouver et Montréal. Toronto demeure la plus grande ville du Canada et la plus cosmopolite dont 43% de la population est née à l'étranger.

Selon un recensement fait en 2006, il y aurait 2,3 millions d'immigrants qui habitent la ville de Toronto. Il est même étonnant de constater que 68% de ce groupe vient de l'Asie, de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale, des Caraïbes et de l'Afrique. Une autre statistique indique que 42% de la population de Toronto s'identifie comme "minorités visibles". Montréal a une population immigrante d'environ 20% et 18% se déclarent minorités visibles.

Les changements démographiques et religieux dont nous parlons se manifestent surtout dans l'archidiocèse de Toronto, où en janvier 2010, on a assisté à l'ordination du premier évêque(auxiliaire) vietnamien, Mgr Vincent Nguyen. Celui-ci avait jadis quitté son pays natal comme réfugié lors de la période des boat people. Parmi les sept ordinations presbytérales dans l'Église catholique de Toronto en 2009, seul un candidat était "un Blanc de langue anglaise"; les six autres ordonnands étaient des immigrants ou des enfants d'immigrants allophones. La caractéristique unique du multiculturalisme dans notre pays se reflète aussi dans la pratique pastorale de l'archidiocèse de Toronto qui tient à subvenir aux besoins liturgiques et pastoraux dans une variété de langues. Par exemple, l'eucharistie du dimanche est célébrée en anglais, mais aussi en 29 autres langues dont plusieurs langues asiatiques ou africaines.

Tout en vivant côte à côte avec les autres dans la société de Toronto, les catholiques font désormais face à la diversité culturelle, ethnique, linguistique, et même religieuse, non seulement dans la rue ou au travail mais aussi dans leurs communautés paroissiales. On constate que les mariages interreligieux ont augmenté de 15% à 19% de 1981 à 2001. Il est probable qu'un nombre considérable de tous les mariages interreligieux se feront avec un partenaire anglophone, urbain et catholique. Si les enfants de ces couples s'engagent dans des mariages interreligieux, on peut s'attendre à une augmentation de ces unions.

De nos jours, la diversité est un facteur social, religieux et ecclésial. [...] Pourvu que l'Église catholique fasse des efforts dans les milieux urbains pour intégrer la vision de la diversité dans sa constitution même, faisant ainsi l'expérience de la souplesse de sa propre identité, elle mettra en pratique la vraie catholicité. C'est en travaillant ensemble que nous pourrons espérer atteindre "la compréhension et la créativité sociales et religieuses".

(Darren Dias o.p et Philippe Leblanc o.p.: Revue "Présence Magazine", juin-août 2010, p. 13-14).
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MessagePosté le: 05/08/2013 19:50:13    Sujet du message: Publicité

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