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L'ÉNIGME MARIALE.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 01/10/2013 19:09:17    Sujet du message: L'ÉNIGME MARIALE. Répondre en citant

Marie offre au catholicisme son plus grand paradoxe. Elle est en effet le coeur du plus fervent des cultes, tout en étant le plus discret des personnages bibliques. La ferveur des célébrations mariales, la fréquentation assidue des lieux de pèlerinage, les guérisons miraculeuses, les médailles, les rosaires et chapelets, les images pieuses, tout contribue à entourer Marie d'une dévotion très spéciale.

À la fois vierge et mère, élue du ciel et femme simple, souffrante et bienheureuse, Marie est une figure unique et irremplaçable de la foi populaire. Archétype de la femme soumise à Dieu, modèle de la maternité protectrice, le culte dont elle fait l'objet est pourtant sans rapport avec la place que lui font les évangiles. Car ce que nous savons de la mère de Jésus tient en quelques lignes.

Sans se lancer dans les exégèses, il faut rappeler que les écrits les plus anciens du Nouveau Testament n'accordent à Marie ni rôle ni faveur particuliers. Ainsi, cherche-t-on en vain dans les pages les plus anciennes des évangiles une allusion à la conception virginale du Messie ou à la mission de Marie auprès de son Fils. Tel est le sentiment qui se dégage à la lecture de l'épître aux Galates, attribué à l'apôtre Paul, texte daté des environs de l'an 50. Une autre épître de Paul, à Timothée, proclame:" Car Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même" (1 Tm, 2, 5). Il en ressort que, selon Paul au moins, ni la virginité de Marie, ni son rôle de médiatrice, n'apparaissent au tout début de la foi chrétienne. L'évangile de Marc, le plus ancien des quatre, vient appuyer ce sentiment. Il ne cite le nom de Marie qu'à deux occasions, encore est-ce pour restreindre son rôle. Nous devons au texte de Matthieu comme à celui de Luc deux merveilleux récits qui sont à l'origine du tableau émouvant de la Nativité. On y trouve un luxe de détails colorés et, surtout, la foi en une Marie élue de Dieu selon un signe surnaturel. La marque de cette élection étant la conception virginale de Jésus, autrement dit le fait que, conformément à de nombreuses divinités ou héros antiques, le Sauveur ne pouvait naître de façon banale ou ordinaire. Cette conviction, qui suppose que Marie soit à son tour un être d'exception portant dans sa chair le sceau divin, est cependant postérieure aux traditions rapportées par Paul et Marc. Quant à la version de Jean, elle propose encore un autre visage de Marie. Si sa virginité n'a pas retenu l'attention de Jean, l'épisode de Cana, où Marie intervient pour demander à son Fils de transformer l'eau en vin, a une très grande portée dans la mesure où l'ancien Israël (Marie) reconnaît le nouvel Israël (tous ceux qui croiront en Jésus).

[...]Puisque Marie n'a rien dit, ou presque ( le Magnificat est généralement attribué à la plume de Luc), il sera commode de lui faire dire beaucoup. La personne de Marie permet de relier certains mythes grecs ( la vierge ou parthenos, type Artémis) à des croyances égyptiennes très anciennes dont on sait combien elles ont précédemment influencé la religion des Hébreux.[...] Progressivement, de façon presque empirique, la théologie mariale va naître et se développer. Marie est un sujet tellement propice à l'allégorie, au fantasme et à l'erreur populaire que les docteurs de l'Église vont être poussés à théoriser. Dans un premier temps, le titre de Theotokos, Mère de Dieu, est proclamé de façon indirecte, lors du Concile d'Éphèse (431) pour combattre l'hérésie nestorienne. Il est alors nécessaire de préciser la doctrine, car Marie fait son entrée dans les célébrations liturgiques de façon incontrôlée. En Orient, elle est associée à la célébration des martyrs, le 15 août, avant qu'on ne fasse de cette date celle de son Assomption ( ou Dormition, dans la terminologie grecque). La nativité de la Vierge est fixée par les byzantins au 8 septembre dès le VIe siècle, sa conception au 9 décembre: un calendrier directement inspiré du Protévangile de Jacques ( un apocryphe)... que l'Occident va importer. Seule l'Annonciation (25 mars) découle d'une fête réellement christologique. Quant au mois de mai, le Mois de Marie, il est ni plus ni moins emprunté au culte de la déesse Artémis d'Éphèse. [...]

Christian Makarian: Revue L'Actualité religieuse, 15 déc. 1996, p.26-27).
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MessagePosté le: 01/10/2013 19:09:17    Sujet du message: Publicité

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