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BIBLE: LES MIRACLES, DES RÉCITS ÉNIGMATIQUES.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 28/03/2014 19:31:57    Sujet du message: BIBLE: LES MIRACLES, DES RÉCITS ÉNIGMATIQUES. Répondre en citant

Encore aujourd'hui, les récits de miracles suscitent la controverse. La question de l'inexplicable est toujours difficile à traiter, et encore plus quand il s'agit de la Bible! Les uns prétendent que les récits de miracles sont à prendre au pied de la lettre, comme s'il s'agissait de reportages sur l'agir de Dieu dans le monde. Pour d'autres, on a plutôt affaire à des récits énigmatiques dont il importe de rechercher le sens.

Reportages ou récits énigmatiques, cette opposition sur l'interprétation des récits de miracles soulève certaines questions qui deviennent autant de clés de lecture. Quels messages les rédacteurs s'efforcent-ils de transmettre? S'agirait-il d'un genre littéraire? Pour y voir un peu plus clair, examinons d'abord le vocabulaire utilisé, puis dressons l'inventaire des récits de miracles.

LE VOCABULAIRE:

Le mot miracle vient du latin "miraculum" dont la racine, "mirari", veut dire "admirer", "s'étonner". De ce point de vue, le miracle suppose la réaction de l'individu saisi par un "fait admirable" qu'il croit d'origine divine. Dans l'Ancien Testament comme dans le Nouveau, un tel acte, qui libère et sauve, est appelé "prodige" ou "merveille". Pour l'évangéliste Jean (2, 11), ce sont des "signes" de la présence agissante de Dieu.

Ces quelques remarques sur le vocabulaire montrent que la racine latine du mot "miracle" met l'accent sur le miraculé; l'hébreu et le grec bibliques soulignent plutôt l'action puissante de Dieu. Mais, dans tous les cas, les mots qui témoignent des miracles impliquent une relation à Dieu. À son agir prodigieux, le croyant réagit: il admire, puis s'étonne!

DES RÉCITS DE MIRACLES:

Les récits de l'Exode et les traditions sur Élie et Élisée rapportent abondamment les prodiges de Dieu. L'exode vers la liberté y apparaît comme le plus grand des miracles qu'Il ait opéré à l'endroit des Hébreux. Dieu suscite un leader, Moïse, et crée les conditions menant à la Terre promise, non pas conquise mais offerte. Les récits sur leur épopée dans le désert (fléaux d'Égypte, passage de la mer, manne), les guérisons accomplies par Élie et Élisée, la pluie qui fertilise le sol épargnant au peuple des famines, sont autant de témoignages de foi qui rappellent la présence efficace de Dieu, en plus d'inspirer les évangélistes.

Dans les Évangiles, les récits de miracles sont également associés à des guérisons: les aveugles recouvrent la vue; les sourds, l'ouïe; les boiteux marchent droit; aux pauvres est annoncé un avenir heureux (Mt 11, 4-5). D'autres récits relatent tantôt des libérations (tempête apaisée), tantôt des dons ou occasions de nourrir et de désaltérer les foules ( pain ou poisson en abondance, eau changée en vin).

Dans les Actes des Apôtres, l'auteur ne signale que quelques cas de miracles (3, 1-10; 14, 8-10) et des "signes et prodiges" mettant en perspective le rôle de l'Esprit en contexte missionnaire. Quant à Paul, il ne parle tout simplement pas de miracles! L'apôtre se montre plutôt critique à l'endroit des juifs qui ont tendance à chercher des signes partout.

Néanmoins, dans les évangiles, les récits de miracles s'avèrent une bonne nouvelle pour les blessés de la vie; la réintégration de ces membres dans la communauté confirme la venue de l'ère messianique. Ces récits accréditent aussi la mission de Jésus pour qui l'aspect sensationnel du miracle n'a rien à voir avec Dieu. Hérode va même s'offusquer du refus de Jésus d'épater l'auditoire avec des prodiges (Lc 23, 8 s).

Les récits de miracles sont des catéchèses sur la foi des croyants guéris d'une maladie, sauvés d'une famine ou libérés d'une détresse par le simple fait de se regrouper et de se fier aux autres.

UN GENRE LITTÉRAIRE:

Le récit de miracle est un genre littéraire courant. Il s'en trouve dans les Écritures comme dans la littérature grecque où abonde ce type de récit. Les évangélistes vont jusqu'à en emprunter la structure, comme dans l'épisode du paralysé en Marc 2, 3-12: présentation du malade (v. 3), projet (v. 4), intervention du thaumaturge par la parole (v. 5a), résultat (v. 10b-11) et stupéfaction chez les témoins qui rendent grâce à Dieu (v. 12). Puisqu'il suscite un litige, ce récit inclut une controverse sur le péché (v. 5b-10a), péché et maladie ayant un lien de cause à effet.

Les récits de miracles, souvent associés à des controverses, sont tous construits selon le modèle grec. Le passage de "La tempête apaisée", si bref soit-il, le reprend (Marc 4, 37-41).

UN ENSEIGNEMENT:

Les récits de miracles sont une catéchèse. La foi des gens qui précède la métamorphose qu'un incrédule ne saurait voir et, sans leur confiance mutuelle, les actes de Dieu n'auraient pas lieu. Réconciliation et appartenance communautaire mèneraient à la guérison. À ces valeurs s'ajoute la force de la parole, capable de vaincre le mal.

En somme, les rédacteurs de tels récits populaires s'efforcent moins de rapporter les faits énigmatiques entourant les envoyés de Dieu que de montrer ce qui attend les malheureux s'ils placent leur foi dans la communauté. Le rappel des "signes" tangibles opérés par Jésus, environ vingt, ou par d'autres (Élie, Élisée, Pierre, Paul), montre aussi l'actualité de la dynamique de foi et son potentiel d'espoir et de vie.

Enfin, ces écrivains ont tendance à ignorer les causes des événements pour attribuer à Dieu tout ce qui arrive. Dans un contexte culturel où le recours à l'imaginaire laisse peu de place à la raison, et où la fiction l'emporte sur la véracité des faits, alors... pourquoi ne pas commander au soleil et à la lune de s'arrêter?

(Jean Bacon, bibliste: Revue Parabole, janv.-fév. 2004, p. 5-6).
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MessagePosté le: 28/03/2014 19:31:57    Sujet du message: Publicité

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