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LA RELIGION, QUEL AVENIR?

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 12/04/2014 19:28:40    Sujet du message: LA RELIGION, QUEL AVENIR? Répondre en citant

L'un de mes confrères mange un sandwich dans un stationnement à Montréal. C'est l'été. Une femme l'observe attentivement. Voyant qu'il porte un col romain (de clergyman), elle s'approche et lui demande s'il est prêtre. "Tout à fait, répondit-il. - Un prêtre catholique? - Ce qu'il y a de plus catholique, madame." Il s'attend alors à une question de pastorale de haut niveau, mais elle lui demande:" Alors, monsieur l'abbé, dites-moi où se trouve la salle de bingo la plus proche".

On peut se questionner sur la pertinence d'une religion quand dévot rime avec bingo. Et plus encore quand croyance rime avec ignorance, comme le montre un sondage Crop du 19 juin 2008 sur les connaissances religieuses des Québécois. On y apprend que la majorité d'entre eux ne connaissent pas le nom des auteurs des quatre évangiles, ignorent qui est Lazare que Jésus a ressuscité et sont incapables de nommer les trois personnes de la Trinité.

De fait, dans tout l'Occident, on se demande de plus en plus à quoi sert la religion qui, inexorablement, perd du terrain, pour se retrouver de plus à la frange de la société. Le Canada n'échappe pas au phénomène de la marginalisation de la religion et encore moins le Québec. À la fin mai 2008, selon un sondage du quotidien montréalais "La Presse canadienne/Harris-Décima", réalisé auprès de 1000 personnes, 72% affirment disent croire en un Dieu, 23% disent ne croire en aucun Dieu et 6% déclarent ne pas avoir d'opinion sur le sujet. Le total dépasse les 100% à cause des calculs arrondis. Les Canadiens anglophones sont plus portés à croire en un Dieu, soit 73%, contre 67% pour les Québécois.

LA RELIGION SOUS LE CHOC:

La pertinence de la religion s'est effilochées sous de nombreux chocs. En voici les plus forts. Depuis la nuit des temps, la religion a fait appel à Dieu pour expliquer ce qui était inexplicable: les tremblements de terre, l'origine de la vie, le tonnerre, les troubles de comportement. Or, depuis le Siècle des Lumières, la science s'est mise systématiquement à expliquer les phénomènes de la nature sur une base rationnelle, profitant souvent, bien sûr, d'efforts isolés de chercheurs antérieurs. Qu'on pense, par exemple, à Hippocrate (v. 460 - v. 377 av. J.-C.) qui, par une intervention décisive, a arraché la maladie au monde religieux pour en faire un objet de savoir et d'intervention rationnelle. L'arrivée en masse des sciences, à partir du XVIIIe siècle, a fait reculer d'autant la religion.

Autre choc: dans un passé récent, la religion a assuré la cohésion sociale, en tissant des liens solides entre les habitants d'un même territoire par la foi en un même Dieu. C'est ainsi, par exemple, qu'au Traité de Westphalie (1648), on s'est entendu sur le principe: telle région, telle religion. Mais aujourd'hui, sur le même territoire, vivent des athées, des agnostiques et des croyants et croyantes de diverses confessions, de sorte que l'unité rime maintenant avec la laïcité.

La religion a grandement servi à réguler les instincts, à défendre les plus faibles, à protéger la dignité de la personne par des lois et des pratiques dont Dieu était le fondement ou le garant. Mais, peu à peu, à partir du Siècle des Lumières encore, les droits de l'homme, instrumentalisés par les tribunaux, ont pris la relève de la religion pour civiliser la vie.

Depuis des millénaires, la religion a répondu à tous les S.O.S possibles: maladie, danger de mort, angoisse, deuil, famine. Chaque fois que l'on était impuissant, dépassés par les événements, il restait le dernier recours de la religion. Mais maintenant, à nos cris de détresse, à nos appels au secours, c'est le tandem science-technique qui se présente, quand ce n'est pas le tandem public-privé, et qui nous dit:" Me voici". De fait, nous disons de moins en moins:" Aide-toi, le Ciel t'aidera", mais plutôt: " Aide-toi, le psychologue, la travailleuse de rue, le médecin, le gouvernement t'aidera".

Dernier choc: la culture contemporaine qui fait de chaque individu le noyau dur d'une constellation, le centre d'un univers particulier. C'est l'atomisation du lien social. C'est aussi l'atomisation du lien religieux: autant de fidèles, autant de chapelles. La mise à mal du lien religieux est d'autant plus dramatique que la religion a, par nature, selon son étymologie même, la mission de relier les êtres humains, de jeter des ponts entre eux, comme entre eux et leur Dieu.

ÈRE DE CHANGEMENTS ET PLUS ENCORE CHANGEMENT D'ÈRE:

En ouvrant le Colloque international sur les évolutions du catholicisme dans la modernité, le 22 juin 2008, à Paris, la sociologue Danielle Hervieu-Léger disait du catholicisme qu'il était "quelque chose comme un objet en déshérence", ne suscitant ni mode, ni passion particulière, "un littéral amenuisement".

L'ère de la chrétienté est bel et bien terminée en Occident même si, en Italie, il laisse encore des traces. Cette ère a commencé, comme on sait, avec Constantin (v. 306 - 337), alors que la religion, aux eaux gonflées par le pouvoir, est sortie de son lit pour recouvrir peu à peu tous les champs de l'activité humaine.

Ce temps est derrière nous à jamais. La religion est rentrée dans son lit une fois pour toutes, mais elle n'est pas pour autant menacée de disparaître. Elle résiste à toutes les tentatives de dessèchements par ceux qui la couvrent de ridicule, ou qui exploitent ses eaux à leurs fins politiques ou commerciales. La religion résiste, parfois de façon impressionnante qui déjoue tous les pronostics. Telle la vague, tous les trois ou quatre ans, de la Journée mondiale de la Jeunesse.

[...]

(Gérard Marier, prêtre: Revue "Prière, appel d'aurore", automne 2008, p. 7-9).
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MessagePosté le: 12/04/2014 19:28:40    Sujet du message: Publicité

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