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EUTHANASIES MÉDIATISÉES.

 
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Byblos2
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MessagePosté le: 11/08/2014 19:29:15    Sujet du message: EUTHANASIES MÉDIATISÉES. Répondre en citant

ROBERT LATIMER:

Au Canada, l'un des cas les plus célèbres d'euthanasie et des plus controversés est celui de la fille de Robert Latimer. En 1993, il a décidé de mettre fin aux grandes souffrances de sa fille Tracy, 12 ans, en l'intoxiquant au monoxyde de carbone, dans son garage. Tracy était atteinte de paralysie cérébrale: elle ne pouvait ni marcher, ni parler, ni s'alimenter seule. C'est sans malice que M. Latimer a avoué qu'il désirait avant tout soulager sa fille.

L'État l'a alors accusé de meurtre au premier degré, un jury l'a reconnu coupable de meurtre au deuxième degré et on l'a condamné à l'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans. Devant ce verdict, il va en appel à la cour du même nom de la Saskatchewan (Canada). Sa demande est rejetée. La plus haute Cour du pays, la Cour Suprême, l'autorise à un deuxième appel en février 1996 pour, en juin de la même année, déclarer le procureur de la Couronne du premier procès coupable d'entrave à la justice par subordination du jury. C'est ainsi que la Cour suprême ordonne en février 1997 un nouveau procès pour trancher une fois pour toutes l'affaire Latimer. Cinq ans plus tard, en 2001, la même Cour confirme le premier verdict: Latimer devra passer sa vie en prison, sans possibilité de libération avant 10 ans En mars 2008, il obtient néanmoins une libération conditionnelle de jour.

SUE RODRIGUEZ:

Peu de temps avant l'affaire Latimer, une femme faisait les manchettes des pages juridiques. Sue Rodriguez souffrait de sclérose latérale amyotrophique, ou la maladie de Lou Gehring. Elle demande à la Cour de Colombie-Britannique (Canada) en 1992 d'abroger l'article 241 du Code criminel canadien, qui déclare qu'"Est coupable d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de 14 ans quiconque, selon le cas: conseille à une personne de se donner la mort; aide ou encourage quelqu'un à se donner la mort, que le suicide s'ensuive ou non."

La Cour juge que c'est sa maladie qui empêche madame Rodriguez de réaliser ce qu'elle souhaite, et non la loi ou l'État. En 1993, la Cour d'appel de cette province canadienne rejette l'appel de madame Rodriguez et note que le tout relève davantage du Parlement que des tribunaux. Mais les politiciens bougent rarement avant qu'une affaire ait monopolisé les tribunaux et l'espace public. Madame Rodriguez se rend ensuite devant la Cour Suprême du Canada, car elle estime que la loi va à l'encontre de la Charte canadienne des droits sur plusieurs points dans son cas. Verdict semblable aux autres: on rejette sa demande en soulignant la valeur primordiale du respect de la vie avant toute chose. "Si je ne puis pas donner mon consentement à ma propre mort, alors à qui appartient ce corps? Qui est le propriétaire de ma vie?", demande madame Rodriguez. Finalement, le 12 février 1993, elle meurt, assistée dans son suicide par un médecin dont on n'a jamais su le nom et en présence du député fédéral Svend Robinson, qui lui avait donné son appui.

VINCENT HUMBERT:

Un autre cas médiatisé en France a été celui de Vincent Humbert. À la suite d'un accident de voiture, ce jeune pompier se retrouve tétraplégique, aveugle et muet. Il communique à l'aide du seul membre qu'il pouvait bouger encore, son pouce droit. Ayant compris qu'il désire mourir, sa mère lutte longtemps pour qu'il ait droit à l'euthanasie. Elle l'aida à écrire à Jacques Chirac pour demander une exception à la loi. Mais devant les refus répétés et une justice inflexible, elle injecte finalement à son fils d'importantes doses de penthiobarbital de sodium. L'opération échoue partiellement et plonge le jeune homme dans un coma profond. Le 26 décembre 2003, le Dr Frédéric Chaussoy et la famille décident d'arrêter toute mesure de réanimation. Le médecin administre du chlorure de potassium à M. Humbert, qui meurt peu après. Après une enquête et une instruction de trois ans, le procureur de la République déclare un non-lieu général et abandonne toute poursuite contre Marie Humbert et le Dr Chaussoy.

L'opinion publique est très émue par cette histoire et le gouvernement ne tarde pas sous sa pression à déclencher un débat national sur la question de l'euthanasie. L'Assemble législative change à peine la loi malgré tout, permettant en gros aux malades de se faire soigner sans douleur; beaucoup qualifient le débat d'hypocrite. L'euthanasie et le suicide assisté restent toujours criminels dans l'Hexagone.

(Revue Présence magazine, oct. 2008, p. 22).
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MessagePosté le: 11/08/2014 19:29:15    Sujet du message: Publicité

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